Deux enquêteurs du SPS ont développé une spécialité pour aider les victimes d’exploitation sexuelle et lutter contre le proxénétisme.

Prostitution : «C’est réel et c’est en augmentation»

Sans qu’un programme concret soit en place comme celui lancé, mardi, dans la région de Montréal, le Service de police de Sherbrooke surveille de très près le phénomène de prostitution dans les hôtels de Sherbrooke.

Le SPS confirme que la région ne fait pas exception relativement aux activités de certains proxénètes qui louent des chambres d’hôtel dans la région pour y loger des escortes qui y accueillent des clients.

« C’est présent. C’est réel et c’est en augmentation », confirme le porte-parole du SPS, Samuel Ducharme.

Malgré la présence du phénomène d’exploitation sexuelle dans la plupart des hôtels, le SPS n’a pas encore concrétisé son projet de se doter d’un programme spécifique comme celui lancé, mardi, dans la grande région de Montréal.

Le programme RADAR (Repérer, Agir, Dénoncer, Aider, Rétablir) lancé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en collaboration avec ceux de Longueuil et Laval vise à prévenir et détecter l’exploitation sexuelle dans les milieux hôteliers et les services de transport.

Dans son communiqué diffusé, mardi, le SPVM explique que les proxénètes utilisent souvent les hôtels et hébergements pour faire travailler les victimes d’exploitation sexuelle.

« Est-ce que ce sera le même programme qui sera mis en place ici? Il est trop tôt pour le dire. C’est certain qu’il faudra l’adapter à ce qui se passe en région. Il n’y a pas d’horizon de temps établi avant de mettre en place un tel programme. Nous pouvons cependant assurer la population qu’un travail est fait en ce sens par nos patrouilleurs, notre service de renseignements criminel et par des enquêteurs », signale Samuel Ducharme.

Deux enquêteurs du SPS ont même développé une spécialité pour aider les victimes d’exploitation sexuelle et lutter contre le proxénétisme. Selon les niveaux de services policiers, le proxénétisme relève cependant de la Sûreté du Québec.

« Il y a tout un travail sur le terrain qui peut quand même être accompli. Des contacts ont été établis avec certains hôteliers qui collaborent déjà avec nous. Il n’est jamais intéressant pour un hôtelier d’être identifié comme un endroit où des activités de prostitution se déroulent. Cependant, mieux vaut être identifié comme un endroit qui ne tolère pas ce type d’exploitation sexuelle en travaillant à la contrer que de ne rien faire et d’y être associé sur les réseaux sociaux ou les sites de commentaires des hôtels », estime Samuel Ducharme du SPS.

Dans une entrevue à La Tribune à la fin 2018, le directeur du SPS Danny McConnell avait identifié la lutte aux proxénètes et aux clients de la prostitution comme l’un des fers de lance de la division des enquêtes du SPS en 2019.

Plus de 300 fiches d’observations avaient été remplies en 2018 en matière de proxénétisme à Sherbrooke.

Comme en font foi certaines condamnations criminelles au cours des derniers mois, la lutte à ce phénomène est réelle à Sherbrooke.

En mars dernier, Kevin Grenier-Lachance a été condamné à une année de prison pour des activités de proxénétisme en mars et avril 2017. Grenier-Lachance suivait les traces de son nouvel ami Mathieu Larin, condamné à cinq ans et demi de prison pour proxénétisme, lorsqu’il a commis ces crimes d’exploitation sexuelle.

Grenier-Lachance aurait entre autres servi d’entremetteur pour présenter deux jeunes femmes au proxénète Larin. Ce dernier avait pris un contrôle sur la vie sexuelle de quatre jeunes femmes, dont une mineure, qui se prostituaient pour son compte principalement à Sherbrooke.