Dave Hurdle-Guillette avait conduit l’agent civil d’infiltration à rencontrer Steevens Pédini dans la cour d’un commerce de Granby.

Projet muraille : quatre autres accusés coffrés

Steevens Pédini, Dave Hurdle-Guillette, Pierre Hamelin et Jonathan Royer ont été condamnés, mardi, à des peines de détention pour leur implication dans le projet muraille visant des trafiquants de stupéfiants du secteur de Granby.

L’opération policière s’était déroulée en juin 2016, mais la plupart des accusés se sont engagés à plaider coupable à la fin 2017 et les peines se succèdent depuis le début de 2018 au palais de justice de Sherbrooke.

Pédini a été condamné à 45 mois de prison par le juge Martin Bureau de la Cour supérieure.

« Bien que je trouve que la suggestion commune n’est pas très sévère compte tenu de vos antécédents, de la récidive et que vous avez participé à ces crimes pratiquement à votre sortie de prison, je vais respecter la recommandation des avocats parce qu’elle ne m’apparait pas déraisonnable et n’est pas contraire à l’ordre public », a souligné le juge Bureau.

Steevens Pédini avait plaidé coupable aux accusations de complot pour trafic de cocaïne et trafic de stupéfiants. Il était responsable de la vente de méthamphétamine pour une partie du territoire de Granby.

Une fois la détention provisoire retranchée, Pédini devra passer encore 12 mois derrière les barreaux. Steevens Pédini ramassait la redevance de plusieurs vendeurs qu’il remettait à André Madore qui, à son tour, remettait l’argent au chapitre de Sherbrooke des Hells Angels.

Pédini a été capté sur l’enregistrement de type « bodypack » utilisé par l’agent civil d’infiltration (ACI) qui a travaillé sur ce dossier.

Jonathan Royer

Celui que Pédini utilisait pour effectuer des transactions sur le terrain, Dave Hurdle-Guillette, l’a rejoint au bloc cellulaire.

Douze mois pour Hurdle-Guillette

Hurdle-Guillette a écopé de douze mois de prison pour son implication dans trois transactions de crack effectuées dans le cadre de cette enquête.

Il avait plaidé coupable au trafic et au complot pour trafic de stupéfiants.

Peine exécutée en septembre

Jonathan Royer, 34 ans, qui a reconnu le trafic de cocaïne a été condamné à six mois moins un jour et à 75 heures de travaux communautaires. Il était utilisé comme livreur par Éric Bissonnette, placé plus haut dans la hiérarchie.

L’imposition de la peine a été reportée au 1er septembre. Royer a cependant dû justifier ce report pour des raisons humanitaires devant le juge Bureau.

« Je suis toujours surpris que des gens qui ont charge de famille s’embarquent dans ce genre de trafic soit pour l’appât du gain ou tout autre motif que ce soit », a signalé le juge Bureau.

Sans antécédent judiciaire, Royer demeure un actif pour la société selon son avocat Me Jean-Pierre Gagnon.

« Mon client a eu un écart de jugement assez marqué. On parle d’une douzaine de transactions où mon client a servi de courrier. Il réalise les dommages à la société de ce type d’activité » a expliqué son avocat.

Pierre Hamelin a été condamné à six mois de prison pour son implication et à effectuer 75 heures de travaux communautaires dans le cadre d’une probation de deux ans.

Hamelin préparait les sachets de cocaïne. Son implication était ponctuelle dans le dossier en raison de sa condition de santé. « Sa participation était intermittente, ponctuelle », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles Me Laurence Bélanger.

Un rapport présentenciel avait été demandé dans le dossier.

« Le rapport présentenciel fait état de sa situation de santé fragile. Il est rendu à un point où il a fait le ménage de ses fréquentations », a expliqué son avocate Me Mélissa Gilbert.

Hamelin possède des antécédents judiciaires, dont certains en semblable matière.

Longs procès évités

Les plaidoyers de culpabilité dans muraille ont évité la tenue de deux longs procès devant jury qui étaient prévus au palais de justice de Sherbrooke au début de 2018.

La grande majorité des individus ont été accusés de complot pour trafic de cocaïne, méthamphétamine, MDMA, cannabis et haschich entre le 15 mars 2015 et le 29 juin 2016 à Granby, Repentigny, Brossard et ailleurs au Québec et en Ontario ainsi que de trafic de ces substances à Granby et ailleurs au Québec et en Ontario.

Les derniers accusés du projet muraille devraient recevoir leur peine le 14 mai au palais de justice de Sherbrooke.