Assane Kamara

Procès pour terrorisme: cinq ans de prison réclamés pour un ex-étudiant de l'UdeS

SHERBROOKE - Le procureur au dossier d'Assane Kamara, cet ex-étudiant de l'Université de Sherbrooke qui subit un procès pour terrorisme à Dakar, au Sénégal, propose de lui imposer une peine de cinq ans de prison ferme. Le verdict devrait être connu le 9 avril.

Assane Kamara avait été arrêté en février 2016 au Sénégal alors qu'il s'apprêtait à partir en Tunisie. Il avait été dénoncé par sa mère, qui avait observé un changement de comportement important chez son fils. Elle s'inquiétait qu'il se soit coupé de sa famille et qu'il dirige des groupes de prière à la mosquée d'Edmonton. M. Kamara avait admis son amitié avec Samir Halilovic, Youssef Sakhir et Zakria Habibi, trois Sherbrookois qui s'étaient aussi rendus à Edmonton avant de partir en Syrie pour rejoindre l'État islamique.

Le Toronto Star rapporte qu'Assane Kamara avait reçu un virement de plus de 1500 $ d'un ami, une somme qui aurait présumément pu servir à rejoindre la Syrie. L'accusé prétend pour sa part qu'il prévoyait l'utiliser pour revenir étudier au Canada.

Devant la cour sénégalaise la semaine dernière, Assane Kamara est jugé pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs en vue du financement du terrorisme », selon le site Dakaractu.

Interrogé au sujet des virements d'argent vers son compte, l'accusé a indiqué qu'il « venait de ses amis établis au Canada et d'un commerçant turc qui le soutenait, sur instruction d'un ami parti en Syrie », rapporte un article du Sud Quotidien. Cet ami est Samir Halilovic, selon Dakaractu.

Appelé à donner sa définition du jihad, Assane Kamara a dit : « Je ne suis ni un partisan ni un aspirant au jihad », selon la même source.

À la fin de son procès, M. Kamara a mentionné que son père, un ancien fonctionnaire des Nations Unies, était décédé dans les jours précédents. « Ma chère mère a perdu un époux, rendez-lui son fils », a-t-il déclaré, rapporte Dakaractu.