André Turcotte

Procès MMA : le chauffeur de taxi témoigne

Le chauffeur de taxi qui a reconduit Thomas Harding à l’Eau’Berge de Lac-Mégantic la nuit de la tragédie de Lac-Mégantic avait remarqué une fumée noire provenant d’une des locomotives de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA) stationnées à Nantes.

André Turcotte avait offert au conducteur du train Thomas Harding de le ramener au train à Nantes s’il y avait un problème.

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Thomas Harding subit son procès avec le contrôleur de circulation ferroviaire Richard Labrie et du directeur de l’exploitation Jean Demaître au palais de justice de Sherbrooke. Les trois hommes sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à la suite de la tragédie ferroviaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Le chauffeur de taxi avait noté que le train était encore en fonction le 5 juillet 2013 vers 23 h 15 lorsqu’il est allé y chercher Thomas Harding. Il avait remarqué une matière huileuse sur son pare-brise, sur les bras de Thomas Harding puis sur son véhicule taxi.

« J’ai demandé à Tom sur ce qui se passait parce que d’habitude, il n’y avait pas de boucane de même après l’engin. C’est la première fois que je voyais des « picots » d’huile de cette façon. Il m’a répondu que l’engin avait travaillé fort sur le chemin pour s’en venir et que la compagnie lui avait dit de se rendre quand même  », souligne M. Turcotte.

Préoccupé par l’environnement, selon son témoignage, André Turcotte a insisté pour savoir ce qui se passait.

« Il m’a répondu que la compagnie lui avait dit de laisser « runner » l’engin et que si le niveau d’huile baissait, il allait s’arrêter (...) Il m’a répondu que le contremaître Dumaître était parent avec des gens de l’environnement et qu’il ne se faisait jamais « checker » les locomotives », a témoigné le chauffeur de taxi méganticois.



Ils ont été très discrets par rapport à de possibles accusations.
André Turcotte

Il se rappelle aussi que Thomas Harding lui a affirmé qu’il devrait peut-être appeler du côté américain pour signaler le problème parce qu’ils étaient « plus pesants ».

André Turcotte a témoigné n’avoir jamais rencontré, vu ou discuté avec l’accusé Jean Demaître pas plus qu’il n’avait entendu parler de Richard Labrie.

À la suite de la tragédie ferroviaire du 6 juillet, André Turcotte a parlé avec Thomas Harding pour savoir comment il allait.

« Ma blonde et moi, on se préoccupait de lui. Nous l’avons joint au téléphone. La conversation a été courte, mais il allait bien », signale André Turcotte.

Enquête

Personne n’a mentionné à André Turcotte qu’il se faisait ou se ferait une enquête, mais son travail d’ancien policier lui laissait penser que c’était le cas. Il a donné deux déclarations aux enquêteurs de la Sûreté du Québec. Il n’a jamais entendu le nom des accusés mentionné par les policiers.

« Ils ont été très discrets par rapport à de possibles accusations. J’avais des doutes, mais je n’avais aucune confirmation », indique André Turcotte.

Ce dernier a aussi rencontré et fait une déclaration un enquêteur du Bureau de la sécurité dans les transports (BST) à la suite de la tragédie de Lac-Mégantic.