La procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Line Ducharme discute avec deux témoins à la sortie du tribunal, soit le grand-père et l'oncle de l'enfant décédé, Pierre et André Paquin.

Procès : Michée Roy était en panique et injurieux

Lors de son admission à l'hôpital une cinquantaine de minutes après l'appel au 9-1-1, Kylen Roy était toujours en arrêt cardio-respiratoire.
Michée Roy
Michée Roy, qui est détenu depuis plus de deux ans, subit son procès pour l'homicide involontaire coupable de son garçon Kylen, 69 jours, au palais de justice de Sherbrooke devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.
Le père de l'enfant était visiblement en panique et injurieux envers la préposée de la centrale 9-1-1 qui voulait l'aider lorsqu'il a entrepris les manoeuvres de réanimation à son poupon le 1er janvier 2015 à sa résidence de Richmond.
L'accusé a essuyé des larmes et regardait au sol en écoutant la bande 9-1-1 soumise en preuve lors des événements dont il est accusé.
Il a fallu que les autorités rappellent à quatre reprises pour rejoindre Michée Roy après son appel initial 9-1-1 afin de pouvoir aider l'enfant.
« Amenez-la, l'ambulance. Je n'ai pas envie de te parler. Je veux aider mon gars. Je ne sais pas quoi faire pour qu'il respire (...) Tu m'énarves (sic) », a mentionné Michée Roy à la préposée de la centrale d'urgence qui tentait de l'aider avant de raccrocher.
Cette dernière a alors rapidement contacté la Sûreté du Québec avant de reprendre contact avec Michée Roy pour lui expliquer les manoeuvres de réanimation.
Sur la bande 9-1-1, Michée Roy a expliqué qu'il avait placé l'enfant sur la sécheuse pour changer sa couche avant de le placer dans le salon. C'est à ce moment qu'il s'est rendu compte qu'il avait de la difficulté à respirer.
Tant sur la bande 9-1-1 que sur celle du défibrillateur, on entend les exclamations de panique de Michée Roy qui affirme à de multiples reprises « il ne respire plus ».
Appelé à la barre, l'ambulancier paramédical Julien-Pierre Côté a expliqué que l'enfant n'avait pas de pouls et présentait une couleur bleutée à leur arrivée au domicile de la rue Melbourne Nord à Richmond.
Malgré les manoeuvres de réanimation, le coeur de l'enfant n'a jamais retrouvé de pouls.
Michée Roy a répété aux ambulanciers paramédicaux le même historique qu'aux policiers concernant les événements.
« La routine avait été faite et le biberon donné dans la journée. L'enfant a été retrouvé inerte sur le divan. Le père m'avait mimé comme si l'enfant était en petit bonhomme » a témoigné Julien-Pierre Côté.
L'ambulancier paramédical n'a pas noté de trace de brûlure ou d'hémorragie sur l'enfant lorsqu'il a été pris en charge. Il n'a pas utilisé non plus de protocole de soins préhospitaliers concernant les enfants maltraités.
Kylen Roy, qui se trouvait dans un état neurovégétatif depuis les événements survenus le 1er janvier 2015, est décédé en juin de la même année.
Michée Roy appelle la mère
Avant de contacter le 9-1-1, Michée Roy aurait téléphoné en panique à la mère de l'enfant.
Appelée à la barre, la tante de l'enfant, Yanick Paquin, explique que la mère, Patricia Paquin, était chez elle lorsque Michée Roy a téléphoné.
« Il disait que Kylen avait de la misère à respirer. Il était en panique. Ma soeur lui a dit d'appeler le 9-1-1 » témoigne Yanick Paquin.
Patricia Paquin est alors partie rapidement vers la résidence de Michée Roy.
Yanick Paquin a expliqué avoir vu son neveu à une seule reprise quelques jours avant les événements allégués lors d'un party de famille.
« J'ai eu des frissons. Je n'ai pas voulu le prendre dans mes bras parce qu'il avait l'air absent. Il n'avait rien dans son regard », mentionne la tante de l'enfant.
Lors de son témoignage, le grand-père maternel de l'enfant, Pierre Paquin, a témoigné que Kylen était un enfant souriant dont l'état général était bon dans les derniers jours avant les événements en cause.
Patricia Paquin avait passé une semaine chez lui, soit du 24 au 31 décembre 2014, avant que l'enfant soit confié à son père, Michée Roy.
« Je suis allé le voir deux ou trois jours après l'événement. Ma fille m'a parlé de l'état du bébé et que c'était dangereux si on le voyait. On s'est conformé à ça. À ma connaissance, l'enfant n'avait pas de problème de santé », a témoigné Pierre Paquin.
En contre-interrogatoire, Me Félix-Antoine Doyon, a mis en preuve que les arrières grands-parents de l'enfant étaient décédés de maladie en lien avec le cerveau.
L'oncle de Kylen Roy, André Paquin, a témoigné avoir été mal accueilli par Michée Roy lors d'une visite au CHUS. Il a indiqué que l'accusé a répété à plusieurs reprises : « Je m'en veux. Je m'en veux de ce qui est arrivé ».
Michée Roy a été accusé de l'homicide involontaire coupable de l'enfant à l'été 2015.
En fin de journée, le champ d'expertise du pédiatre Dr Claude Cyr du CHUS a été tranché par la juge Desgens. Il pourra témoigner, mardi, comme pédiatre avec une expertise particulière en traumatisme crânien non accidentel.