Les avocates ont livré leurs plaidoiries mardi matin, au procès de Denis Roy qui s’est poursuivi au palais de justice de Lac-Mégantic. Il s’agit de Me Julie Beauchemin, pour la défense, et de Me Isabelle Dorion, procureure aux poursuites criminelles.

Procès de Denis Roy : la juge prend en délibéré les plaidoiries des avocates

Les avocates Julie Beauchemin, pour la défense, et Isabelle Dorion, procureure aux poursuites pénales, ont livré mardi leurs plaidoiries devant la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec, au jour 2 du procès de Denis Roy, conseiller municipal de Lac-Mégantic, accusé d’agression sexuelle sur un jeune homme de son entourage.

La veille, quatre témoins avaient été entendus, à l’ouverture de ce procès assez vite mené, puisque plusieurs éléments de preuve avaient été admis préalablement à la cour, dans le cadre de la gestion du dossier.

D’abord, Me Julie Beauchemin, avocate de Denis Roy, a résumé ces témoignages, faisant état d’une version de consentement de la victime, évoquée par l’accusé qui ne s’est jamais caché des gestes posés. Elle a fait valoir que ce dernier a livré un témoignage plus clair que celui de la victime, qu’elle a décrit comme plutôt incohérent.

Me Isabelle Dorion, quant à elle, a soulevé un doute raisonnable au sujet du témoignage invraisemblable et non cohérent de Denis Roy. « Au chapitre de sa confusion, il se croit le bouc émissaire du coming out de la victime, phrase qu’il a dite aux policiers, et il y a plusieurs exemples de son incohérence. Il n’a pas vraiment répondu à plusieurs questions et n’a pas démontré de transparence », a-t-elle indiqué à la juge. Elle s’est longuement appliquée à démolir les arguments de l’accusé.

À la suite de ces plaidoiries, la juge Danielle Côté a rapidement indiqué qu’elle prenait le tout en délibéré jusqu’au 14 mars, pour la forme, date où elle a invité les protagonistes à revenir devant elle pour que soit déterminée alors une date pour le moment où elle rendra son verdict, selon les disponibilités. Elle a aussi affirmé que l’accusé n’aura pas besoin d’être présent le 14 mars.

« On a présenté tous les arguments pour des plaidoiries justes », a confié Me Beauchemin. « Dans mon cas, c’est toujours plus long, car c’est nous qui avons le fardeau de la preuve. Il fallait expliquer pourquoi le témoignage de l’accusé n’était pas crédible, à notre avis », a admis Me Dorion.

Les deux avocates ont reconnu la longue expérience judiciaire de la juge Côté, qui a également été juge en chef adjointe à la Chambre criminelle et pénale de la Cour du Québec, après 21 années d’expérience à la magistrature, comme première femme nommée en criminel à Sherbrooke. « Elle a maintenant reçu toute la preuve pour rendre une décision fondée en droit », a conclu Me Julie Beauchemin.