Pour une autre fois la semaine dernière, Alain Leclerc a étiré la sauce et a demandé le report des observations sur la peine pour les gestes dont il a été reconnu coupable il y a précisément un an.

Procès d'Alain Leclerc : ras-le-bol des remises

L’une des victimes du fraudeur et agresseur sexuel Alain Leclerc en en a ras-le-bol des remises dans le dossier de son agresseur.

Pour une autre fois la semaine dernière, Leclerc a étiré la sauce et a demandé le report des observations sur la peine pour les gestes dont il a été reconnu coupable il y a précisément un an.

« Le pire demeure qu’il continue à nous narguer même s’il est en prison. Il nous fait des petits clins d’œil lorsque le juge ne peut le voir. Il rit des victimes et de la justice », croit Pascale Pellerin qui a subi les gestes de Leclerc en 2016.

Leclerc a fraudé cette femme d’Asbestos pour un montant de plus de 9500 $ en plus de l’agresser sexuellement.

Leclerc avait échafaudé un scénario de peur où il lui a fait croire que des gens voulaient s’en prendre à elle, à sa nièce et à d’anciens conjoints.

L’accusé avait accumulé plusieurs détails de la vie de la victime sur Facebook pour s’en servir contre elle.

En novembre 2016, Alain Leclerc a poussé les manigances jusqu’à inventer une affaire d’obsédé sexuel qui voulait s’en prendre à elle.

Alain Leclerc a aussi été reconnu coupable d’avoir menacé une mère et son fils dans une histoire de menaces inventées pour soutirer de l’argent.

La mère et le fils ont témoigné devant la juge Fabi des conséquences sur leurs vies.

Dans un troisième dossier, il a été reconnu coupable de fraude de plus de 5000 $ entre octobre 2015 et mai 2016. Il avait fait miroiter à une connaissance qu’il allait lui construire un patio, mais s’est enfui avec l’argent.

« Nous étions tous présents avec nos familles afin d’assister à sa condamnation. Il a encore trouvé le moyen de reporter le dossier. Ça fait une année qu’il a été trouvé coupable et il n’a pas encore reçu sa peine », déplore Pascale Pellerin.


«  Il nous fait des petits clins d’œil lorsque le juge ne peut le voir. Il rit des victimes et de la justice.  »
Pascale Pellerin

Cette dernière est présente à toutes les auditions au palais de justice de Sherbrooke et assiste du même coup à toutes les remises devant le tribunal.

« J’ai choisi d’être présente chaque fois pour être informée de ce qui se passe. Même si le Centre d’aide aux victimes d’acte criminel fait un excellent travail, nous sommes laissés beaucoup à nous même en tant que victimes », mentionne Pascale Pellerin.

Changements d’avocat

Leclerc a changé d’avocats à de multiples reprises au cours des procédures judiciaires.

Il est détenu depuis son arrestation sur mandat en novembre 2018.

Constamment en cavale, Leclerc ne s’était pas présenté pour la confection du rapport sexologique et du rapport présentenciel à l’été puis à l’automne 2018. Un tel rapport pour éclairer le tribunal doit d’ailleurs être préparé d’ici le retour en Cour de Leclerc le 18 juin à la demande du nouvel avocat de l’accusé Me Benoit Gagnon de l’aide juridique.

« J’espère que ça pourra enfin procéder. Toutes ces remises coûtent cher au système de justice et font perdre le temps aux victimes. Cette attente est en train de me rendre malade. Ça n’a aucun sens de devoir respecter toutes les règles de la Cour comme victime, alors que lui semble faire ce qu’il veut. C’est impossible de tourner la page tant que le dossier n’est pas réglé », croit Pascale Pellerin.

Misant sur l’insistance de la juge à ce que la cause procède, Pascale Pellerin espère que la cause pourra être enfin entendue le 18 juin.