Caroline Labrecque

Procès Bolduc: la fiabilité de la plaignante au coeur du délibéré

C’est sur la fiabilité du témoignage de la plaignante Caroline Labrecque que sera entre autres déterminé le sort de Jean-Guy Bolduc de Sherbrooke qui est accusé de gestes sexuels alors qu’elle était mineure.

L’individu de 77 ans a subi son procès concernant des accusations d’attentat à la pudeur et de grossière indécence entre 1972 et 1983 devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.

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La preuve repose en grande partie sur le récit des gestes allégués par la plaignante Caroline Labrecque qui a décrit les lieux où se seraient déroulés les gestes alors qu’elle était âgée de 4 à 15 ans.

La procureure aux poursuites criminelles Me Laïla Belgharras a rappelé que le témoignage de la plaignante était détaillé malgré le fait qu’il n’était pas sans « fissure ».

Me Belgharras a qualifié le témoignage de Caroline Labrecque de « juste, intègre et honnête ».

« Elle peut se tromper sur le nombre et la fréquence des agressions. Elle a peut-être surévalué par ses yeux d’enfant à l’époque, mais elle ne peut se tromper sur l’existence même de ces abus », plaide Me Belgharras.

La poursuite a qualifié de complaisant le témoignage du fils de Jean-Guy Bolduc, « pris entre l’arbre et l’écorce », en défense.

« Ce qui est ressorti, c’est qu’il connaissait la version de Caroline Labrecque sur les points litigieux », a plaidé Me Laïla Belgharras.

L’avocat chargé de la défense de Jean-Guy Bolduc, Me Benoit Gagnon de l’aide juridique, a plaidé que le témoignage de la victime manquait de fiabilité. Il mentionne que la crédibilité du récit de la plaignante était affectée pour tous les endroits où seraient survenus les gestes allégués.

« Nous n’avons aucun contexte, aucun lien, aucune information collatérale qui nous permettrait de valider son récit. La preuve est tellement faible en terme de fiabilité que la crédibilité de madame Labrecque est affectée (...) Si des gestes sont arrivés, on peut avoir des flashs. Encore faut-il que ces flashs soient vérifiés dans une cour criminelle. Dès qu’un élément sort du contexte de l’attouchement allégué, il n’est pas vérifiable. Il n’est pas explicable », a mentionné Me Gagnon.

La défense a rappelé que Jean-Guy Bolduc n’avait pas à démontrer son innocence, mais bien à la poursuite de démontrer sa culpabilité.

Après avoir rappelé les évènements où Caroline Labrecque aurait été victime de Jean-Guy Bolduc, Me Gagnon a plaidé que « le doute ne peut que subsister ».

Plaignante soulagée

La plaignante Caroline Labrecque se disait « soulagée » à la fin du procès.

« J’ai des frissons à la grandeur du corps. Ma batterie est vidée. Je suis épuisée après avoir témoigné de ces gestes, mais je suis fière de l’avoir fait. L’équipe du CAVAC et la présence du chien Kanak m’ont beaucoup aidé lors de mon témoignage », indique Caroline Labrecque.

Elle ne veut pas penser immédiatement au moment où la juge Desgens rendra son verdict.

« Je n’ai pas de crainte à avoir à témoigner à nouveau lors de l’autre procès qui va commencer en décembre. Je suis bien entourée », affirme Caroline Labrecque.

La juge Desgens a pris la cause en délibéré. Elle rendra sa décision le 22 novembre prochain.

Le frère de l’accusé, René Bolduc doit aussi subir son procès pour des gestes allégués sur cette même plaignante en décembre prochain.