La juge Claire Desgens de la Cour du Québec a pris la cause de Philippe Benoit-Lessard en délibéré. L’homme de 32 ans connaîtra son sort le 27 juillet prochain.

Procès Benoit-Lessard : des traces de pas compromettantes ?

Des traces de pas retrouvées sur les lieux de l’agression sexuelle dont est accusé Philippe Benoit-Lessard pourraient lui appartenir, mais le technicien en identité judiciaire du Service de police de Sherbrooke ne peut les identifier formellement.

Le procès de l’individu de 32 ans s’est conclu, mercredi, devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, au palais de justice de Sherbrooke.

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Le débat central du procès se fait sur l’identité de l’accusé relativement aux accusations d’agression sexuelle et d’introduction par effraction commises dans la nuit du 5 au 6 novembre 2016 dans l’est de Sherbrooke.

Deux traces de pas pouvant correspondre à celles du suspect ont été trouvées près de la chambre de la victime et une autre près du sac de bonbons d’Halloween dans la chambre de l’adolescente. Cette dernière trace de pas a été exclue étant donné qu’elle n’était pas pertinente.

Les souliers de marque Tony Hawk bleu et noir du suspect ont été saisis, puis comparés avec les traces de pas trouvées.

« Je ne peux identifier ni exclure le soulier sur le facteur de la netteté. Le nombre de détails que j’avais me permet de conclure que la chaussure droite que portait le suspect est une source possible de la trace et aurait pu produire l’impression dans le corridor. C’est une conclusion scientifique, mais pas une identification », dit le technicien en identité judiciaire Yannick Hamel du Service de police de Sherbrooke.

L’attention du technicien du SIJ a aussi été attirée sur la marque du véhicule suspect. Les vêtements de l’accusé ont été saisis à la suite de son arrestation.

Philippe Benoit-Lessard n’a pas offert de défense.

Lors de plaidoirie, Me Stéphanie Côté a soutenu qu’aucune trace d’ADN ou empreinte de Philippe Benoit-Lessard n’a été trouvée dans le logement où résidait la victime.

L’enquêteur du SPS Vincent Fontaine et le technicien en identité judiciaire du SPS Yannick Hamel

« Concernant les traces de soulier, le technicien vous dit dans sa conclusion que c’est une source possible. Ils ne sont pas capables d’identifier mon client », plaide Me Côté.

Elle a rappelé que son client n’avait pas à témoigner pour sa défense.

« C’est au ministère public de prouver hors de tout doute raisonnable la présence de mon client. La preuve démontre que personne ne connaissait Philippe Benoit-Lessard dans ce logement et que personne n’en avait entendu parler. Mille soupçons ne font pas une preuve », signale Me Côté.

Selon la défense, le véhicule dans lequel se trouvait Philippe Benoit-Lessard lors de son arrestation ne correspond pas à celui qui a été décrit par les témoins. Les vêtements de l’accusé lors de son arrestation ne correspondent pas non plus à ceux du suspect qui a été décrit comme quittant les lieux de l’agression.

« On avait une information que mon client avait les mains rugueuses, mais personne n’a vérifié les mains de mon client », dit Me Côté.

Dans sa plaidoirie, la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre soutient que la preuve est circonstancielle.

« Vous faites place à une preuve non contredite et sans explications. L’accumulation de facteurs dans la preuve vous est faite. Vous n’avez pas un dossier où la preuve est parfaite et ce n’est pas le fardeau de preuve exigée », plaide Me Saint-Pierre.

La poursuite rappelle la description de l’agresseur faite par la victime et les voisins, le véhicule dans lequel le suspect a pris la fuite, et les traces de souliers laissées sur place par l’agresseur qui correspondent à celles de Philippe Benoit-Lessard.

« Vous avez des parcelles de preuves qui, regroupées, permettent de tirer la seule conclusion logique soit que l’accusé était dans l’appartement, a fait les attouchements, s’est sauvé en courant, est parti en trombe dans le véhicule de sa mère avant de revenir et être intercepté par les policiers. Cet ensemble de facteurs, sans explications de l’accusé, permet de conclure que c’est Philippe Benoit-Lessard qui était dans l’appartement au moment où la victime a subi les agressions sexuelles », soutient Me Saint-Pierre.

La juge Desgens rendra sa décision le 27 juillet prochain.