Le Magogois Frédéric Beaudoin subit son procès à Sherbrooke.

Procès Beaudoin: «J'étais mal à l'aise», dit une présumée victime

Sombre, exigu et dégageant une odeur de cigarette, le logement de Frédéric Beaudoin à Magog a soulevé rapidement un doute à l'une de ses victimes alléguées.
Arrêté pour leurre informatique auprès de sept jeunes filles âgées de 14 à 16 ans en avril 2016, Beaudoin subit son procès jusqu'à vendredi au palais de justice de Sherbrooke relativement à 25 victimes alléguées.
Beaudoin aurait utilisé Facebook pour solliciter les services de gardienne ou pour faire du ménage afin d'attirer les adolescentes à son logement du chemin du Ruisseau-Rouge à Magog.
Le Magogois doit aussi se défendre d'avoir eu des contacts sexuels avec l'une des présumées victimes.
Cette dernière a été la première plaignante appelée à la barre. Elle avait 14 ans lorsqu'elle aurait vécu les événements allégués en avril 2016.
C'est sa meilleure amie qui l'avait invitée à garder une fillette avec elle chez Beaudoin, un individu qu'elles ne connaissaient pas.
À leur arrivée, Beaudoin leur a offert de s'asseoir et a mentionné que la fillette qu'elles devaient garder arriverait avec une amie de Sherbrooke. Il leur offrait de les payer 50 $ pour trois heures.
Dans cette attente, Frédéric Beaudoin se serait assis entre les deux adolescentes sur un divan deux places.
« J'étais mal à l'aise. Je me suis levée. Il s'en est rendu compte et est retourné sur sa chaise », a témoigné l'adolescente.
Beaudoin l'aurait complimenté sur son jeans, son foulard, ses cheveux et ses lunettes.
L'individu est retourné s'asseoir à nouveau entre les deux adolescentes pour regarder des vidéos sur YouTube.
« J'ai croisé mes jambes et il a glissé sa main sur le pli de ma fesse. C'était subtil, mais je la sentais. Il utilisait l'envers de sa main gauche », a affirmé l'adolescente lors de son témoignage.
Questionnée sur le fait qu'elle aurait inventé cette histoire d'attouchement en contre-interrogatoire, la victime a maintenu que ce n'était pas un mensonge.
Les deux jeunes filles ont passé trois heures chez Beaudoin sans qu'aucun enfant s'y pointe.
« Il nous disait tout le temps que son amie s'en venait avec l'enfant. J'étais libre de partir quand je voulais. On posait des questions régulièrement pour savoir quand l'enfant arriverait », indique la plaignante.
Pendant tout ce temps, Beaudoin, selon le témoin, fumait des cigarettes et des « joints de pot ».
L'adolescente affirme qu'en aucun temps Frédéric Beaudoin ne lui a parlé de choses sexuelles.
Elle a avoué avoir inscrit 1990 comme année de naissance sur son compte Facebook et qu'elle a répondu qu'elle avait 14 ans lorsque Beaudoin lui a demandé.
Série de plaintes
L'enquêteur Mario Leblanc de la Régie de police Memphrémagog a expliqué lors de son témoignage que l'arrestation de Beaudoin deux jours plus tard a provoqué une série de plaintes de la part de victime alléguées à l'école secondaire La Ruche à Magog.
« Nous avons fait des entrevues vidéo avec celles qui se sont rendues chez Frédéric Beaudoin », a expliqué au tribunal l'enquêteur Leblanc.
Toutes les victimes alléguées ont été rencontrées même celles qui se trouvaient à Sherbrooke et Windsor.
« Dans les conversations sur Facebook, il complimentait les jeunes filles, mais il n'y avait rien à connotation sexuelle (...) Il n'a pas non plus demandé de photos ou de vidéo. Dans les conversations avec les plaignantes, elles n'ont pas rapporté avoir eu de conversations à connotation sexuelle sur Facebook », a témoigné Me Leblanc.
En ouverture de procès, Frédéric Beaudoin de Magog a admis qu'il n'avait pas vérifié l'âge des plaignantes dans les dossiers de leurre informatique pour lesquels il subit son procès.
Devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec, l'avocat de la défense Me Guy Plourde a fait l'admission « qu'à l'égard des plaignantes, il n'a pas pris les moyens raisonnables et nécessaires pour s'assurer de l'âge de celles-ci ».
C'est Me Joanny Saint-Pierre qui représente le ministère public dans cette affaire.