L’Archidiocèse de Sherbrooke est poursuivi pour la somme de 1,6 million $ en lien avec des actes d’agressions sexuelles qui auraient été commis par le Père Doran dans les années 1970.
L’Archidiocèse de Sherbrooke est poursuivi pour la somme de 1,6 million $ en lien avec des actes d’agressions sexuelles qui auraient été commis par le Père Doran dans les années 1970.

Poursuite de 1,6 M$ contre l’Archidiocèse de Sherbrooke

L’Archidiocèse de Sherbrooke est poursuivi en justice pour la somme de 1,6 million $ en lien avec des agressions sexuelles qui auraient été commises par l’un de ses membres dans les années 1970.

La poursuite contre la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Sherbrooke concerne le Père Edmond Doran qui était vicaire à la paroisse Saint-Hyppolite-de-Wotton. Ce dernier aurait fait subir des abus sexuels à un homme alors d’âge mineur identifié comme A.B. dans le document de la Cour supérieure dont La Tribune a obtenu copie.

Entre 1970 et 1973, le plaignant agissait comme servant de messe et enfant de chœur à l’église. 

« Avant et après la messe, alors que A.B. vaquait à ses occupations, le Père Doran l’y rejoignait afin de lui faire des attouchements sexuels. Le Père Doran était alors sans surveillance et seul avec lui », peut-on lire dans le document déposé en chambre civile.

« A.B. a dû subir de tels abus sexuels à de nombreuses reprises. »

La poursuite ajoute que le Père Edmond Doran a aussi profité d’au moins une visite à son chalet, sur le chemin Fredette à Wotton, du plaignant et d’un autre garçon mineur afin de les abuser sexuellement.

Le vicaire aurait intoxiqué les deux jeunes avec de l’alcool pour ensuite s’adonner à une séance de masturbation.

Ces actes sexuels ont eu et on toujours des conséquences graves et durables sur la vie de A.B., précise-t-on.

« A.B. a notamment éprouvé de la honte, de la détresse, de l’embarras, de l’humiliation, de l’anxiété, de la dépression, la perte d’estime de soi, des troubles du sommeil, des troubles sexuels, ainsi que l’échec de son mariage », énumère-t-on.

« De même il a développé un problème de consommation et de dépendance à l’alcool et aux drogues. »

On établit les préjudices subis par le demandeur à 1 000 000 $ pour les dommages pécuniaires, 360 000 $ pour les dommages non pécuniaires, 200 000 pour les dommages punitifs et 50 000 $ pour les troubles, les ennuis et les inconvénients. Le total se chiffre à 1 610 000 $.

La poursuite est d’avis que l’Archevêque de Sherbrooke est responsable des agressions sexuelles du Père Doran « conformément à la doctrine de la responsabilité du fait d’autrui. »

« L’engagement d’obéissance professé par un prêtre envers son évêque constitue l’assise du lien de subordination par lequel ce dernier demeure entièrement assujetti à l’autorité de l’évêque du diocèse de qui il relève, soit celui où il est incardiné. Compte tenu de son engagement d’obéissance, le Père Doran ne pouvait donc occuper quelconque fonction, sans l’approbation de l’Archevêque de Sherbrooke. »

On déplore aussi l’inaction des autorités épiscopales dans ce dossier, de même que la culture du silence qui a prévalu. C’est Mgr Jean-Marie Fortier qui occupait le plus haut poste de l’Église estrienne.

Informé des gestes du Père Doran, l’Archevêché l’aurait déplacé dans une autre paroisse du diocèse sans effectuer d’enquête, mentionne-t-on dans le document de cour.      

La partie défenderesse dans cette affaire a reçu en septembre dernier une mise en demeure réclamant réparation.

À l’archevêché de Sherbrooke mardi, on préférait ne pas commenter le dossier puisqu’il se retrouve devant les tribunaux.