Le Sherbrookois François Charland, qui enseigne maintenant à Québec, était rendu avec une adresse à Montréal, deux téléphones avec des numéros montréalais et une contravention de stationnement à Toronto.

Plusieurs enseignants victimes d'un vol d'identité

Des enseignants du Québec ont été victimes d’un vol d’identité. Dans la région, un Sherbrookois qui enseigne maintenant à Québec, François Charland, s’est fait jouer un bien mauvais tour par des individus qui auraient dérobé son numéro de permis de conduire.

« Je me suis fait appeler vers la fin du mois de décembre par Bell mobilité, se rappelle-t-il. Ils m’ont demandé si j’avais mon permis de conduire avec moi. Je pensais justement que c’était des fraudeurs qui m’appelaient. Finalement, ils m’ont expliqué que deux cellulaires avaient été activés avec mon numéro de permis de conduire. Ils m’ont conseillé de vérifier. »

Dès le lendemain matin, M. Charland a procédé aux vérifications. « J’étais rendu avec une adresse à Montréal et deux téléphones montréalais étaient à mon nom, poursuit François Charland. Après, les gens d’Equifax m’ont envoyé un rapport avec toutes les affaires louches qui figurent à mon dossier. J’ai reçu le rapport dernièrement. »

En plus de ces numéros de téléphone, quelqu’un s’est fait passer pour M. Charland dans une autre province canadienne. « J’ai reçu un papier qui disait que j’avais reçu une contravention de stationnement pour un véhicule que j’aurais loué en Ontario pendant deux semaines en début décembre. C’est impossible, car je travaille. Je ne fais pas d’aller-retour pour aller stationner mon auto à Toronto! »

L’enseignant a ensuite contacté les policiers de la Ville de Québec pour faire une plainte formelle. « La police est venue prendre ma déposition. Ils m’ont confirmé que j’étais fraudé et que j’étais protégé. Trois semaines après, j’ai reçu un nouvel avis pour mon ticket de stationnement qui disait que j’étais rendu à 372,75 $. Je ne vais jamais payer cette contravention! », commente-t-il.

D’autres membres de la famille de M. Charland ont subi le même sort. « Ma tante, qui est enseignante, a aussi vécu quelque chose de louche dans le temps des fêtes. Elle a appelé Équifax et s’est rendu compte que 40 demandes pour des cartes de crédit ont été faites à son nom », avoue-t-il, encore ébahi.

François Charland a tout de même peur des conséquences pour l’avenir. « Ce qui m’inquiète, c’est le long terme. Est-ce que cette situation peut entacher notre dossier? On ne sait pas comment ça marche. Il y a des commerces et des gens qui se font avoir pour des milliers de dollars avec nos noms », affirme-t-il, se demandant aussi s’il se fera arrêter en Ontario à cause de la contravention non payée.

« Mon but premier est de toucher un maximum d’enseignants pour qu’ils aillent sur internet chercher leur dossier d’Equifax et de TransUnion. S’ils ont des irrégularités, ils peuvent appeler la police. Je ne sais pas si la fuite vient du Ministère, de la commission scolaire ou d’autre part. On n’a aucune idée d’où vient la source. Ce que l’on sait, c’est que nos numéros de permis de conduire sont utilisés pour ouvrir des cartes de crédit à notre nom », indique celui qui enseigne aux adultes.

Un groupe Facebook

Samedi, un groupe Facebook a été créé pour réunir tous les enseignants victimes de fraude. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 140 personnes s’étaient jointes au groupe, partageant témoignages et hypothèses avec la communauté.