Le site de la mine Flintkote est reconnu comme étant un site de prédilection pour la plongée sous-marine en raison de la limpidité de l’eau.

Plongeur noyé à Thetford: poursuite de 2 M$

Les enfants d’un plongeur qui s’est noyé dans l’ancienne mine Flintkote à Thetford Mines poursuivent le partenaire de plongée de leur père et l’entreprise qui avait organisé l’excursion.

Le 11 juillet 2015, Daniel Lemieux, 54 ans, décide d’aller faire de la plongée sous-marine avec un groupe à la carrière Flintkote. Cet ancien puits minier à ciel ouvert est bien connu pour son eau limpide. Il est fréquenté par de très nombreux adeptes de plongée sous-marine et de plongée en apnée. Les Forces armées canadiennes et la Sûreté du Québec y ont fait des entraînements sous la glace. La profondeur des lieux peut atteindre 75 mètres. Au moins cinq plongeurs y sont décédés depuis 2007. 

Daniel Lemieux plonge en compagnie de son binôme René Beaulieu. 

Selon le récit qu’on peut lire dans la poursuite, Daniel Lemieux a fait signe à son partenaire qu’il avait un problème, à environ 30 pieds de profondeur, et les deux remontent à la surface.

Daniel Lemieux s’appuie sur une roche, la moitié du corps hors de l’eau. René Beaulieu va assister d’autres plongeurs. Lorsque René Beaulieu remonte, il ne voit pas Daniel Lemieux à l’endroit où il était.

Un plongeur remonte avec Daniel Lemieux, inconscient, dans les bras. Des manœuvres de réanimation sont faites sur le plongeur. Daniel Lemieux décède le soir même. 

Selon des expertises, les équipements du plongeur étaient fonctionnels et sécuritaires. Daniel Lemieux n’avait aucun problème de santé connu. 

«La seule explication à ce décès est que M. Daniel Lemieux a eu une perte de conscience et, comme il était encore dans l’eau, il y a glissé et s’y est noyé», allèguent les enfants du plongeur dans leur poursuite. 

Décès «évitable»

Gabriel et Laurie Lemieux, aujourd’hui âgés de 24 et 21 ans, avaient eu la douleur de perdre leur mère aux mains du cancer en 2012. Ils sont d’autant plus atterrés et frustrés de la perte de leur père qu’ils estiment que ce décès «aurait pu et dû être évité», peut-on lire dans la poursuite. 

Les règles de base de la plongée sous-marine exigent qu’un membre du binôme ne laisse jamais l’autre seul dans l’eau ni hors de l’eau en cas de problème, allèguent les demandeurs. 

Ils tiennent René Beaulieu et Plongée Aventure Québec responsables de la noyade et du décès de leur père. 

Les obligations des défendeurs étaient d’autant plus grandes, écrivent les enfants, que les risques du site étaient connus. 

Les deux enfants, qui vivaient encore à la maison familiale lors du décès de leur père, ont vu leurs projets d’études et de carrière bouleversés. Ils ont été très affectés sur le plan psychologique et doivent encore avoir un suivi aujourd’hui. Ils réclament chacun un peu plus de 1 million $ en dommages et perte de soutien financier.