Nasir Ahmad Qurbani a été reconnu coupable de voies de fait pour une attaque au couteau survenue au parc Victoria à la suite d'une rocambolesque histoire de rupture amoureuse impliquant son fils.

Parc Victoria: un déshonneur vengé à coups de couteau

Une rupture amoureuse qui n'a pas été acceptée par le père de l'amoureux déchu est à l'origine d'une agression au couteau survenue en septembre 2016 au parc Victoria à Sherbrooke.
Nasir Ahmad Qurbani a été reconnu coupable de voies de fait causant des lésions, de voies de fait armées et de harcèlement criminel au palais de justice de Sherbrooke.
Les victimes dans cette affaire sont le nouveau conjoint de l'amoureuse impliquée bien malgré elle ainsi que le père du jeune homme, qui a été coupé à la main gauche par les coups de couteau infligés par Qurbani.
« Cette affaire découle d'une histoire d'amour, d'un triangle amoureux et d'une affaire d'honneur », résume le juge Pierre Bachand de la Cour du Québec dans sa décision pour camper la trame factuelle de cet événement survenu le 20 septembre 2016 au parc Victoria à Sherbrooke.
Le crime commis par Qurbani fait suite à la rupture de son fils avec une jeune femme après deux ans de fréquentation.
Cette dernière était tombée amoureuse de l'ami de ce dernier, qui deviendra l'une des victimes dans cette affaire.
L'attaque au couteau au parc Victoria s'avère être le point culminant du harcèlement criminel pour lequel Nasir Ahmad Qurbani a été reconnu coupable.
Ce dernier avait entrepris « de prendre en main les relations amoureuses de son fils » et de contrecarrer les plans du nouveau couple.
Déshonneur
Le juge Bachand rappelle que l'amoureux déchu, soit le fils de l'accusé, a témoigné lors du procès que dans leur culture « on ne peut admettre, accepter ou permettre qu'un jeune homme courtise une jeune fille auparavant fréquentée ou promise à un ami ».
L'accusé a demandé au nouveau conjoint de cesser de fréquenter la jeune fille à deux reprises et a même rencontré la mère de la jeune femme pour tenter de « l'influencer concernant la rupture» et en parlant de façon très agressive contre le nouveau conjoint. Le nouveau couple étant absent lors de cette rencontre, l'accusé a mentionné être déçu parce qu'il voulait qu'il comprenne « qu'il avait déshonoré sa famille ».
Selon le témoignage de la mère de la jeune femme, l'accusé insistait sur ce déshonneur de sa famille et a indiqué « que c'était peut-être comme ça au Canada, mais que dans son pays, ce n'est pas comme ça qu'on règlerait cela. Tout était dit avec haine, une haine qui fait peur », a relaté le juge Bachand dans sa décision en reprenant des passages du témoignage de cette dernière.
Une semaine avant les événements, Qurbani s'était rendu chez le jeune homme pour lui faire des menaces de mort « de la façon voilée ou indirecte qu'on utilise dans sa culture et dans sa langue », précise le juge Bachand.
Concernant les voies de fait armées, Qurbani a suivi la victime le 20 septembre avant de l'inviter à le suivre avec son père dans un coin reculé du stationnement du parc Victoria.
Il a sorti un couteau de pêche « très mince et très coupant » avant d'affirmer, selon le témoignage de l'une des victimes « Vous ne voulez pas parler, alors je vais vous tuer ».
L'accusé tente de les frapper au ventre, mais le père du jeune homme impliqué dans cette affaire met ses mains devant lui pour se protéger et y est coupé.
Qurbani prend ensuite la fuite après l'intervention d'un témoin indépendant de la scène.
La version de l'accusé où il plaide la légitime défense a été écartée par le juge Bachand.
« L'accusé a réussi, par son témoignage, à complètement se discréditer. Sa crédibilité a été affectée à peu près à tous les niveaux (...) Beaucoup de passages significatifs du témoignage de l'accusé contiennent des incongruités, illogismes et invraisemblances, quand ce n'est pas irrationnel », conclut le juge Bachand. 
Les avocates au dossier, Me Nathalie Robidoux du ministère public, et l'avocate de la défense Me Caroline Saint-André, de l'aide juridique, présenteront leurs arguments au juge dans le cadre des observations sur la peine le 7 août au palais de justice de Sherbrooke.