La jeune fille a été emportée par le courant sous les yeux de ses proches, qui ont tout tenté pour la rescaper.

Noyade dans la Magog: un choc pour une famille déjà affaiblie

« La famille s’effrite petit à petit », se désole Mohamed Golli de l’Association culturelle islamique de l’Estrie (ACIE) à propos de la famille de la jeune réfugiée syrienne de 8 ans qui a péri dimanche dans la rivière Magog. Dans un élan de solidarité, l’ACIE s’efforce de mobiliser la communauté pour venir en aide à la famille, qui déjà avait quitté la Syrie sans père.

Toujours sans nouvelles de ce dernier, la famille vivait à Sherbrooke depuis environ deux ans. « Ils sont venus ici pour chercher la stabilité, et maintenant ils vivent un autre drame, commente M. Golli. C’est un choc qui ne fait que les affaiblir. » 

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Noyade dans la Magog: on tente d’éclaircir les circonstances

L’ACIE a tenu un service lundi soir pour offrir un soutien moral à la famille. La jeune fille a été enterrée dans l’après-midi de la même journée au cimetière islamique de Laval. Son corps y a été transporté dans la nuit de dimanche à lundi par le complexe funéraire Steve L. Elkas. 

« Nous avons été très reconnaissants qu’ils procèdent au transport à une heure aussi tardive, note M. Golli. Généralement, dans le rite musulman, c’est important d’accélérer l’enterrement de la dépouille dès que le décès est confirmé. » 

Des arrangements ont été pris pour permettre à la mère de se recueillir un moment sur la dépouille de son enfant avant la cérémonie. 

L’ACIE s’est pour le moment occupée d’assumer les frais d’enterrement de 2500 $ ainsi que les frais de transport, qui s’élevaient à 300 $. L’organisme tiendra une collecte de fonds à ses locaux (au 1200, rue Massé) vendredi, de 12 h à 14 h 30, afin que la famille n’ait rien à débourser de cette somme et qu’elle dispose d’un léger coussin en attendant d’être remise sur pied. Des mesures gouvernementales devraient toutefois accorder à cette dernière un remboursement d’un maximum de 2500 $, souligne M. Golli. 

Barrière de la langue

« Un des plus gros défis pour les membres de la famille a été la barrière de langue. Il fallait qu’ils puissent communiquer et gérer cette frustration. Il y avait beaucoup de surprises et d’interrogations », partage Mohamed Golli, à qui on a demandé dimanche de se rendre à l’hôpital pour aider la famille à communiquer avec les différents intervenants et membres du personnel médical. 

« J’ai dû intervenir rapidement pour gérer la frustration de son grand frère, encore sous le choc. Il n’acceptait pas la situation », avance-t-il. 

La fillette était accompagnée de ses deux frères et de deux amis lors de cet après-midi funeste.