Il n’est pas permis, à Saint-Tite, de vendre ou même de porter des vêtements à l’effigie de groupes criminalisés durant le Festival western.

Non aux couleurs des motards au Festival western de Saint-Tite

Saint-Tite — La Ville de Saint-Tite a pris les grands moyens afin d’éviter l’affichage sur son territoire de bandes criminalisées ou de groupes sympathisants, afin de respecter l’esprit familial de son Festival western. Depuis 2016, elle a en effet adopté un règlement interdisant la vente de vêtements ou d’objets à l’effigie de groupes criminalisés ou les supportant.

Selon la mairesse Annie Pronovost, le conseil municipal à l’époque avait eu vent que des vendeurs avaient l’intention de demander des permis pour installer des kiosques de vente de vêtements à l’effigie du 81, un code bien connu dans le milieu pour référer à H-A, soit les Hells Angels.

«Chaque vendeur qui souhaite établir un kiosque durant le Festival western doit passer par la Ville pour obtenir un permis. Il doit payer son droit de vendre sur notre territoire. Ça nous laisse aussi un certain contrôle sur ce qui peut se retrouver dans ces kiosques. Dans le cas qui nous concerne, le conseil avait décidé que ça n’allait pas avec les valeurs de la Ville ni celles du Festival western», indique Annie Pronovost.

Ainsi, le règlement stipule qu’il est interdit de faire «l’utilisation, la vente, l’exposition ou la distribution d’objets identifiant une personne, une organisation ou un groupe dont un ou certains membres ont fait l’objet de condamnation pour des infractions en matière de violence, de stupéfiants ou d’organisation criminelle ou qui font la promotion de tout autre acte de nature à troubler la paix ou la tranquillité publique».

De cette façon, une personne qui porterait les couleurs des Hells Angels, d’un autre groupe de motards criminalisés ou encore du mouvement «Support 81» pourrait être interpellée par la Sûreté du Québec pour non-respect d’un règlement municipal. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé durant la fin de semaine dernière, confirme le sergent Hugo Fournier de la SQ. «Il y a en effet eu une intervention en vertu du règlement municipal. Un constat d’infraction a été émis à une personne qui portait des vêtements dont l’effigie n’était pas permise en vertu de ce règlement municipal», constate le sergent Fournier, confirmant qu’un constat d’infraction de plus de 400 $ a été remis à la personne.

En ce qui concerne les kiosques, des inspecteurs municipaux effectuent des vérifications fréquentes pour s’assurer que les permis sont respectés et que ce qui était convenu au permis est bel et bien le matériel qui se retrouve dans les kiosques. «Si ce n’est pas ce qu’on a au dossier, il pourrait y avoir un constat d’infraction, saisie du matériel illégal au règlement, confiscation ou révocation du permis mettant fin à l’activité de vente temporaire non conforme», précise la mairesse.

Pour la mairesse, le règlement est mis en place surtout pour conserver l’esprit grand public du festival. «On ne refuse personne, tout le monde est bienvenu, mais est-ce vraiment nécessaire de s’afficher de la sorte? Le festival, c’est familial. Il y a des enfants, des personnes âgées. Pour certaines personnes, de voir des gens s’afficher de la sorte, ça peut être intimidant. Est-ce qu’on peut dire que c’est une forme de sécurité qu’on se donne? Bonne question! Mais ce qui est certain, c’est que nous ne sommes pas obligés de les voir», considère Mme Pronovost.