Cédric Guay passera encore un mois et demi en prison pour s’en être pris à des agents du Centre de détention de Sherbrooke.

Neuf mois de prison pour des voies de fait à la prison Talbot

Cédric Guay passera encore un mois et demi en prison pour s’en être pris à des agents du Centre de détention de Sherbrooke.

L’individu de 35 ans, qui est contraint à une surveillance serrée de la part des autorités carcérales étant donné la complexité de son cas, a été reconnu coupable de voies de fait à l’endroit de cinq agents des services correctionnels à la prison Talbot.

En août 2017, Guay a chargé un agent des services correctionnels avant de lui faire une prise de tête et le grafigner. Il a aussi mordu d’autres agents qui tentaient de le maîtriser.

Le juge Gilles Lafrenière de la Cour du Québec n’a pas retenu la version que Guay a offerte pour sa défense.

Le juge a cependant déterminé que les gestes étaient reliés à la désorganisation de Guay plutôt que de la préméditation.

L’avocat de la défense Me Patrick Fréchette a souligné que Guay est détenu dans cette affaire depuis cinq mois. Il a obtenu que le tribunal applique cette détention provisoire à temps et demi. Il souligne que les contraintes de Cédric Guay le distinguent des autres détenus. C’est sous la surveillance serrée de quatre agents de l’Équipe correctionnelle d’intervention d’urgence que Cedric Guay a subi son procès.

Avant que le tribunal lui impose sa peine, Guay s’est vidé le cœur relativement à sa situation.

« J’ai une sentence qui ne finit jamais. Je suis détenu depuis 2016. Je n’ai aucune réhabilitation, aucun service, aucune visite. Je suis enfermé 18 heures par jour dans ma cellule. Je n’ai pas le droit de parler à personne. Je demande de l’aide et je n’en reçois pas à part des médicaments. J’essaye de m’aider et de changer mes comportements pour me tranquilliser pour ne pas être impatient. J’ai passé ma vie en cellule ou enfermé dans ma chambre du Centre jeunesse », a déploré Cédric Guay, dont le trouble du déficit de l’attention est évident.

Le procès

Le 9 août 2017, une agente des services correctionnels au Centre de détention de Sherbrooke a entendu crier au début de son quart de travail.

Cédric Guay rouspétait parce que sa cellule n’avait pas été déverrouillée à temps.

« Je reconnais Cédric Guay. Il mentionne qu’il était mécontent de ses conditions à Sherbrooke, qu’il allait mettre le feu, qu’il allait tout briser dans le secteur », signale le témoin.

Une quinzaine de minutes plus tard, il recommence son manège.

« On lui demande de réintégrer sa cellule à trois reprises. Mon collègue appuie sur son torse pour le repousser dans sa cellule. Cédric Guay est revenu à la charge vers mon collègue. Les deux se sont retrouvés au sol dans la cellule. Cédric avait ses bras autour du cou de mon collègue », explique l’agence des services correctionnels.

Le témoin explique avoir réalisé une prise articulaire du poignet de Guay pour qu’il lâche prise.

« J’ai tourné sa tête pour qu’il ne crache pas. Il m’a mordu à deux reprises au niveau de mon gant. Je n’ai pas eu de blessure. On a fini par le contrôler pour lui passer les menottes. On a dû lui mettre un masque anti-crachat », explique l’agent des services correctionnels.

Les voies de fait contre les cinq agents ont été commises lors des 45 minutes qu’a durée l’intervention.

« Je trouve déplorable que la version de mon client n’ait pas été retenue. Il a offert une version crédible en fonction de ses capacités. Il y avait plusieurs contractions dans les témoignages des agents qui à mon sens auraient pu soulever un doute raisonnable pour un acquittement », explique l’avocat de la défense.

Lors des contre-interrogatoires des agents impliqués, Me Fréchette a fait établir des positions différentes de la prise de tête et différentes durées de l’altercation.

« J’ai fait établir devant le tribunal que l’agent qui a subi l’encolure avait lu les rapports des autres agents et le rapport disciplinaire pour préparer son témoignage », a signalé Me Fréchette à la suite du verdict.

C’est Me Maude Lambert qui représentait le ministère public dans cette affaire.

Cédric Guay est détenu à Montréal dans d’autres dossiers. Il possède de nombreux antécédents de crimes contre la personne.

Le ministère public veut que le tribunal le déclare délinquant à contrôler.