Ces enquêtes font suite à la découverte du corps sans vie d’un jeune homme de 19 ans décédé de façon mystérieuse le 25 décembre dans cette résidence pour personnes déficientes intellectuelles affiliée au CIUSSS de l’Estrie-CHUS située au 1035 de la rue de l’Ontario.

Mort nébuleuse rue Ontario : enquêtes en cours

Le Service de police de Sherbrooke (SPS), le Service de protection contre les incendies de la Ville de Sherbrooke (SPCI) et le bureau du coroner du Québec ont ouvert des enquêtes concernant la maison Manojlo Govedarica, qui est en fait une ressource non institutionnelle (RNI) en déficience intellectuelle affiliée au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Ces enquêtes font suite à la découverte du corps sans vie d’un jeune homme de 19 ans décédé de façon mystérieuse dans cette résidence située au 1035 de la rue de l’Ontario, le 25 décembre.

La RNI Manojlo Govedarica logerait neuf résidents atteints d’une déficience intellectuelle, selon les informations obtenues par La Tribune.

Une note interne du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, dont La Tribune a obtenu copie, mentionne que la direction des programmes de déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique du CIUSSS de l’Estrie-CHUS a reçu un signalement le 5 janvier de la part du SPCI de la Ville de Sherbrooke.

Cet « avis relate une faille en ce qui a trait à la présence continue de remplaçants compétents au sein de la ressource, ce qui pourrait compromettre la sécurité des usagers en cas d’incendie », lit-on dans la note.

« Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a aussitôt ouvert une enquête administrative pour faire la lumière sur cette situation », ajoute-t-on dans le mémo.

« Jusqu’à ce que l’enquête soit complétée, des mesures exceptionnelles ont été mises en place dans la ressource, en dépêchant entre autres des employés du CIUSSS 24 heures/7jours afin d’assurer pleinement la sécurité des usagers », écrit-on aussi dans le mémo.

Interrogée sur l’incident qui a mené à cette enquête interne et à la plainte du Service des incendies, la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS s’est abstenue de tout commentaire.

« Nous ne pouvons rien dire, parce qu’il y a une enquête policière en cours et nous ne voulons pas nuire à l’enquête, à la demande du SPS », explique la porte-parole Annie-Andrée Émond.

« Mesures importantes »

Que s’est-il passé dans la RNI entre le 25 décembre, jour où la mort nébuleuse a été constatée, et la plainte du SPCI du 5 janvier? Qu’est-ce qui a mené les pompiers à faire une inspection dans une résidence qui venait justement de recevoir la visite des enquêteurs du SPS et d’une coroner?

« Le CIUSSS a pris des mesures importantes après avoir reçu l’avis du service d’incendie le 5 janvier, mais entre la mort du 25 décembre et le 5 janvier, rien nous indique que d’autres mesures ont été prises pour assurer la sécurité des résidents de cette RNI », lance une employée inquiète du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La RNI Manojlo Govedarica est considérée par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS comme une « ressource intermédiaire », c’est-à-dire un milieu résidentiel spécialisé adapté aux besoins des personnes nécessitant une intervention soutenue et permanente. Liés par un contrat, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS et les ressources qui agissent comme RNI se partageant les responsabilités et services offerts afin d’offrir un milieu de vie le plus adapté possible aux besoins de la clientèle.

Ce sont des employés du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, inquiète pour la sécurité des usagers, qui ont fait part de la situation à La Tribune.

Enquête du coroner

Au bureau du coroner du Québec, on confirme que la coroner Me Kathleen Gélinas a pris le dossier en charge afin d’éclaircir les causes et les circonstances de ce décès encore inexpliqué et pour lequel « aucune cause n’est écartée pour le moment ».
La coroner et les policiers seraient encore en attente des résultats de l’autopsie afin de pouvoir pousser l’enquête plus loin.

La coroner Gélinas travaille aussi à faire la lumière sur un autre décès survenu dans la région, c’est-à-dire celui d’un patient du CHSLD Argyll survenu le 4 décembre.

Dans ce dossier, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS disait avoir transmis le dossier au coroner « par prévoyance » afin de confirmer que rien de suspect n’est associé à l’événement survenu entre les murs de son établissement de soins et d’hébergement de longue durée.

« Bien qu’aucune trace de violence n’ait été décelée, ni dans la pièce ni sur le corps de la personne décédée, la présence d’un autre résident dans sa chambre quelques minutes avant le constat de décès a entraîné cette décision », expliquait-on alors dans un communiqué de presse.

Mort violente à Argyll : l’enquête du coroner bientôt publique

Le rapport du coroner Me Richard Drapeau concernant la mort violente de Serge André Guérin au CHSDL Argyll le 3 octobre 2016 est maintenant complété.

Comme il se trouve maintenant à l’étape de l’analyse au contrôle qualité, on peut donc s’attendre à ce qu’il soit rendu public au cours des prochaines semaines.

Rappelons que cet homme de 74 ans avait été agressé par une autre résident le 3 octobre 2016 alors qu’il dormait dans son lit au moment de l’agression qui a causé sa mort.

Malgré des demandes répétées de plusieurs acteurs dans ce dossier, les conclusions de l’enquête menée pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS par un « comité ad hoc sur un événement sentinelle » n’ont jamais été rendues publiques. La direction du CIUSSS disait vouloir préserver la confidentialité des informations concernant ses patients.