Ian Bélanger
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Mort d'Héliodore Dulac : « Une scène assez particulière » [PHOTOS]

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Une fenêtre ouverte au deuxième étage de la résidence d’Héliodore Dulac à Milan a amené les enquêteurs à évaluer la thèse de la mort accidentelle, mais elle a été rapidement écartée après la découverte de traces de projection de sang puis la divulgation du rapport préliminaire d’autopsie.

Le sergent-enquêteur Jean-Pierre Pomerleau de la Sûreté du Québec était appelé à la barre, mardi, au procès devant jury de Ian Bélanger qui est accusé du meurtre au deuxième degré d’Héliodore Dulac à Milan le 3 juin 2018.

Le sergent Pomerleau, qui était enquêteur à la MRC du Granit, a entrepris l’analyse de la scène des évènements du chemin de la Yard.

Un rideau de douche taché de sang, un pantalon et une chemise avec un chandail ont été retrouvés derrière la résidence d’Héliodore Dulac où son corps a été retrouvé.

La victime de 72 ans a été retrouvée au sol à proximité d’une fenêtre ouverte en surplomb.

« Il y a une bonne distance entre la fenêtre et le corps qui a été retrouvé. On se pose la question si une personne de cet âge-là pouvait se déplacer après être tombée par la fenêtre. Il n’y a pas énormément de sang autour du corps. Il avait une grosse blessure au pied, mais pas avec énormément de sang. Je dois avouer que cette scène était assez particulière. On se creusait la tête » soulève Jean-Pierre Pomerleau.

Le sergent-enquêteur Jean-Pierre Pomerleau de la SQ

Il explique qu’il devait confirmer avec le pathologiste judiciaire si les blessures étaient compatibles avec une chute avant que l’enquête soit confiée aux enquêteurs des crimes contre la personne.

« Le pathologiste nous a mentionné que la victime avait des fractures aux bras, aux côtes et au visage. Il nous disait que ces blessures étaient difficilement attribuables à une chute d’une fenêtre. Il nous a dit que c’était plus quelqu’un qui a été battu à la sortie d’un bar qu’une personne qui est tombée d’une fenêtre », a témoigné Jean-Pierre Pomerleau de la SQ.

Le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure, qui préside le procès, a expliqué au jury que cet élément ne doit pas faire preuve tant que le pathologiste judiciaire ne viendra pas témoigner lors du procès.

Le technicien en identité judiciaire de la SQ, Jacques Lafrance

Le technicien en identité judiciaire Jacques Lafrance de la Sûreté du Québec a déposé les photos prises en preuve sur la scène de crime située au 544 du chemin de la Yard à Milan.

Il explique que l’homme de 72 ans a été retrouvé en boxer noir derrière sa résidence.

« Il présentait une bonne coupure au pied droit. On constate beaucoup d’ecchymoses. Son visage était recouvert de liquide rougeâtre. Il avait des coupures au nez. Il avait des yeux au beurre noir » témoigne le policier Lafrance.

Un chandail avec une chemise, un pantalon blanc avec une ceinture tachée de sang et un vieux rideau de douche taché de sang ont été retrouvés près du corps d’Héliodore Dulac.

Le sergent Pomerleau signale que des gouttes de sang ont été retrouvées au sol, sur le comptoir de la cuisine et sur la porte-patio. Aucune trace de sang n’a été retrouvée au deuxième étage. Il a constaté que quatre petites vitres avaient été retirées de la fenêtre du deuxième étage.

« Je n’étais pas capable à ce moment de dire qu’il y avait eu un crime, ce sont de petits éléments qui petit à petit nous alignent vers une thèse criminelle. Je trouve particulier qu’il y avait du liquide rougeâtre au premier étage, mais pas au deuxième », témoigne le sergent-enquêteur Pomerleau.

Les procureures aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau et Me Isabelle Dorion

Il a constaté que le fauteuil roulant de la victime a été retrouvé au premier palier.

« On se disait que quelqu’un était à l’intérieur, a barré les portes puis est sorti à l’extérieur », mentionne le sergent-enquêteur Pomerleau.

Le sergent Pomerleau et le technicien en scène de crime ont constaté des traces de projection de sang dans la porte-patio de la résidence d’Héliodore Dulac.

« On s’est dirigé vers la thèse criminelle. La porte de mort naturelle se refermait », signale le sergent Pomerleau.

Les lunettes d’Héliodore Dulac avec une vitre manquante ont aussi été retrouvées près de la porte-patio. Une moppe avec du sang a été découverte dans la résidence d’Héliodore Dulac.

Des photos de tous les éléments de la scène de crime ont été déposées de preuve devant le tribunal.

Les avocats de la défense Me David Petranic et Me François Gauthier