Pascal Montembeault

Montembeault a reconnu des gestes sexuels sur 103 adolescentes

Le prédateur sexuel Pascal Montembeault de Trois-Rivières a reconnu des gestes sexuels sur 103 victimes adolescentes.

Leurre informatique, avoir rendu accessible du matériel sexuellement explicite, incitation à des contacts sexuels, production et possession de pornographie juvénile. La liste des 163 accusations qu’il a avouées est longue.

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L’homme de 39 ans a plaidé coupable à la plupart des accusations portées contre lui, jeudi, devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Montembeault utilisait le pseudonyme de Marc-André Cormier pour aborder ses victimes potentielles sur les médias sociaux.

« Il utilisait les sites Ados rencontres, Facebook et Skype pour faire du leurre informatique. Il avait des conversations de nature sexuelle avec les victimes. Il transférait des photos de son organe et recevait parfois des photos et vidéos explicites de ces jeunes filles », explique l’avocat de la défense Me Guy Plourde.

Les victimes alléguées sont situées dans toutes les régions du Québec. Montembeault a même fait des victimes en France.

« Il n’utilise pas les menaces, mais une certaine pression psychologique », signale la procureure aux poursuites criminelles, Me Marie-Line Ducharme.

S’il se retrouve devant un tribunal en Estrie, c’est que Montembeault est passé des crimes derrière son écran à celui en personne avec une adolescente de Sherbrooke sur laquelle il a commis des attouchements sexuels en août 2017.

Arrêté à Sherbrooke

L’homme a été mis hors d’état de nuire après son arrestation dans cette sordide affaire d’agression sexuelle commise sur cette adolescente de 14 ans dans un parc de Sherbrooke.

Depuis ses aveux pour ce crime, il a collaboré avec les autorités policières en avouant les crimes à l’endroit de 102 autres adolescents.

« Aucune de ces 102 victimes n’a été rencontrée. Il n’y a eu aucun contact physique », précise l’avocat de la défense.

Détenu depuis près de deux ans après son arrestation à Sherbrooke, Montembeault restera encore en prison en attendant de recevoir sa peine.

Son avocat a demandé la confection d’un rapport présentenciel avec un volet sexologique. La défense contestera les peines minimales consécutives de détention ferme qui doivent être imposées dans cette affaire.

Debout dans le box des accusés, il a répondu « oui madame » à la juge à chaque question posée pour valider ses plaidoyers de culpabilité. Menottes aux poings, le visage rougi par la nervosité ou la honte, il a reconnu les multiples accusations.

Les avocats au dossier avaient préparé une trame factuelle des gestes que Montembeault a reconnus devant le tribunal.

Les gestes criminels de Pascal Montembeault ont été commis entre le 1er janvier 2016 et le 30 août 2017.

La poursuite a colligé en preuve plus de 1800 pages de conversations sur les médias sociaux.

« Il reconnaît que les conversations étaient de nature sexuelle avec un contenu explicite. Il abordait rapidement le sujet si les adolescentes étaient ouvertes aux discussions ou aux gestes sexuels sur webcam », résume la juge Desgens.

Des exemples

Pour une victime de 14 ans, Montembeault, qui disait avoir 19 ans, invitait l’adolescente à se toucher les parties intimes. Il a envoyé une vidéo de lui en train de se masturber.

Pour une autre victime, il cherchait à avoir des relations à trois avec une fille de 11 à 16 ans. Il demandait à l’adolescente de porter une jupe sans sous-vêtement.

Une autre victime a vite constaté que Montembeault n’avait pas l’âge qu’il prétendait.

« Une adolescente s’est rendu compte que Montembeault lui mentait. La conversation s’est faite à travers un roman érotique qu’ils s’écrivaient », explique Me Ducharme.

Pour une victime française de 13 ans, c’est la détention de l’accusé qui a mis fin aux conversations érotiques et à l’envoi de photos de ses seins et d’elle en maillot de bain.

L’accusé a aussi reconnu avoir offert des relations sexuelles à trois en impliquant des garçons mineurs.

La juge Desgens fixera les observations sur la peine dans ce dossier le 10 septembre prochain.

Au moins une victime a manifesté vouloir s’exprimer au tribunal avant que Montembeault soit condamné.

La procureure aux poursuites criminelles Me Marie-Line Ducharme et l’avocat de la défense Me Guy Plourde