Félix Pagé

Meurtre et outrage à un cadavre: Pagé clame son innocence

Accusé du meurtre de Roland Baker puis d’outrage à un cadavre, Félix Pagé clame son innocence.

C’est devant une salle bondée au palais de justice de Drummondville que se déroulaient, jeudi, les plaidoiries pour le meurtre au deuxième degré, étape finale du procès qui s’est entamé le 7 janvier dernier.

L’individu de 25 ans est accusé d’avoir tué Roland Baker à son logement de la rue Plamondon le 22 mai 2017 puis de l’avoir démembré avant de le placer dans un réfrigérateur.

Selon l’accusé, la personne qui a commis le meurtre aurait dû recevoir sur elle beaucoup plus de sang que ce qui a été retrouvé sur la scène de crime.

« Un meurtre deuxième degré survient dans un moment où on n’a rien planifié. La personne qui a fait ça devait avoir des éclaboussures sur elle pas à peu près. Quand on pense à ça, c’est impossible que la personne qui a fait ça n’ait pas eu un peu pas mal de sang sur elle », a plaidé Félix Pagé.

L’accusé rappelle que seulement deux gouttes de sang avec le profil génétique de la victime se sont retrouvées sur sa botte de travail et il en minimise la présence.

« Il y a une foule de choses qui ont pu mener à ce que l’ADN de Roland se retrouve sur ma botte. C’est la pièce la moins impressionnante (...) En résumé vous avez une victime qui n’a pas l’ADN de l’accusé et l’accusé qui n’a pas l’ADN de la victime. Vous avez de l’ADN de sperme sur une couverture qui n’a pas été identifié. Vous avez une combinaison de trois profils génétiques sur une veste qui a été retrouvée avec le bâton de baseball et la scie égoïne. Il y a deux personnes qui ne sont pas identifiées et identifiables. C’est qui ces personnes-là? », soulève Félix Pagé.

Il se demande pourquoi les couteaux de la cuisine de Roland Baker n’ont pas fait l’objet d’expertise en citant des passages du rapport d’autopsie concernant les coupures retrouvées sur le corps de la victime.

« Il a subi des blessures par arme blanche, mais il n’y a pas d’expertise sur les couteaux. Il est où le couteau qui a fait ça? Il est où l’ostie de couteau? », a demandé Pagé en regardant le jury.

L’accusé a été le premier à présenter ses arguments au jury. Les cheveux attachés sur la tête en petites tresses éparses, Félix Page s’est exprimé directement aux six hommes et six femmes du jury.

Il estime qu’aucun autre suspect n’a été interrogé à partir du moment où les policiers ont statué qu’il avait utilisé le véhicule de la victime dans la soirée du 22 mai 2017.

Roland Baker

« Aucun autre suspect que moi n’a été considéré», a signalé Félix Pagé.

Selon lui, certaines choses ont été laissées de côté dans la preuve en parlant d’un « scénario » pour l’inculper.

« Les preuves ne sont que des apparences. On a mis des choses ensemble pour prouver que c’était moi. On sait qu’un paquet de prises d’empreintes ont été faites, mais elles n’ont pas d’âge », indique Pagé.

Il a remis en doute la pertinence des empreintes retrouvées près d’une vis posée sur le réfrigérateur où le corps de Roland Baker a été découvert. Il estime que ses empreintes se retrouvent à cet endroit parce qu’il a fait du rangement à la demande de Roland Baker.

« Pourquoi il n’y a pas d’empreintes sur le sac du corps si c’est moi qui l’ai mis? C’est très facile de laisser des empreintes sur ce plastique. C’est certain que j’aurais laissé des empreintes là-dessus», soulève Pagé.

L’accusé de 25 ans qui a remercié son avocat au début du procès avait présenté une défense, puis avait témoigné lui-même à son procès.

Ce sera au jury composé de six hommes et six femmes au procès présidé par le juge Alexandre Boucher de la Cour supérieure de trancher de la culpabilité ou de l’innocence de Félix Pagé.

LA FAMILLE BAKER AU PROCÈS

Pour les sœurs et le frère de Roland Baker cette dernière étape du procès était attendue.

Les trois poches de la victime qui résident à Campbellton au Nouveau-Brunswick ont loué un logement à Drummondville pour assister au procès qui a commencé au début janvier.

« Nous ne voulons pas laisser Roland seul. Nous sommes là tous les jours », a mentionné Normal Baker.

« Nous sommes fatigués de tout ce processus judiciaire », a souligné son frère René Baker.

« J’ai hâte que tout ça se termine. C’est un stresse qui nous ronge. Une chance que nous avons les gens du CAVAC pour nous accompagner. Nous avons rencontré des gens extraordinaires », a ajouté Hélène Baker.

Hélène, René et Norma Baker