Le meurtre est survenu dans un immeuble situé à l’intersection des rues Gordon et Sanborn, au centre-ville de Sherbrooke.

Meurtre au centre-ville: la victime avait un lourd passé criminel

C’est un individu avec un passé criminel chargé malgré ses 21 ans qui a été victime d’un meurtre vraisemblablement pour une dette de drogue au centre-ville de Sherbrooke.

Deux individus de 19 ans et 49 ans, aussi bien connus des milieux policiers, pourraient faire face à des accusations liées à ce quatrième homicide à survenir à Sherbrooke en moins d’une année.

«Je n’ai rien vu, mais j’ai entendu du vacarme dans le logement situé au-dessus de chez moi. C’est comme si un chien s’y promenait et que des meubles étaient déplacés. Ça brassait pas mal», explique Michaël Rodrigue.

C’est en constatant la présence de son voisin du 135 de la rue Sanborn sur une civière que Michaël Rodrigue a saisi l’ampleur du drame qui s’était déroulé dans son immeuble un peu avant minuit dans la nuit de mercredi à jeudi.

Carmen Plante, qui réside en face de l’immeuble à logements, a vu les premiers secours effectuer les manœuvres de réanimation.

«Il y a beaucoup d’action dans ce bloc; particulièrement à ce logement. Il y a beaucoup de monde qui vont et qui repartent. Je ne suis pas surprise de ce qui s’est passé à cet endroit», signale Carmen Plante.

«Il y avait tout le temps du monde dans cet appartement-là. Le gars qui a été tué avait l’air vraiment stressé», ajoute Michaël Rodrigue.

Aucune hypothèse confirmée

La victime de 21 ans a succombé à ses blessures au CHUS après cette altercation physique.

La Sûreté du Québec confirme aucune hypothèse concernant la cause de cet homicide.

La division des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, qui mène l’enquête en étroite collaboration avec le Service de police de Sherbrooke, avait identifié rapidement deux suspects à la suite de cet homicide survenu au troisième étage d’un immeuble situé à l’intersection des rues Gordon et Sandborn.


« Je ne pense pas que ça puisse être prémédité. »
Nicolas Coutu

Les deux individus de 19 ans et 49 ans ont été arrêtés en milieu d’avant-midi sur la rue Québec par le Groupe d’intervention du SPS.

De graves accusations devraient être déposées contre eux, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

«Il semble que les individus impliqués dans cette affaire se connaissaient. Nous ne pouvons pas préciser les circonstances ou le mobile de ces événements», explique la porte-parole de la SQ en Estrie, Aurélie Guindon.

«Un bon gars»

Ceux qui connaissaient la victime le décrivent comme «un bon gars», mais qui était pris dans le tourbillon de la consommation de la drogue.

«Je devais passer le voir pour lui raconter mon dernier voyage. Je lui ai envoyé un message texte à 23h20, mais il ne m’a jamais répondu. Lorsque j’ai appris qu’il y avait eu un meurtre dans son immeuble, je me doutais que c’était lui», indique Nicolas Coutu qui a connu la victime à l’école secondaire.

Ce dernier soutient que la victime n’avait pas d’ennemi. «Je ne pense pas que ça puisse être prémédité. De ce que je connaissais de lui, il n’avait pas de trouble avec personne. Je pense que c’est un malentendu qui a mal viré», soutient Nicolas Coutu.

Un autre ami de la victime, qui l’avait rencontré au centre jeunesse de l’Estrie, signale que la victime tentait de se sortir du milieu de la drogue. «Il n’a pas eu la vie facile. Il essayait de s’en sortir. Il venait de trouver ce logement. C’était vraiment un bon gars, mais qui n’a vraisemblablement pas joué dans les bonnes affaires. Il ne méritait cependant pas de finir comme ça. J’espère juste qu’il n’a pas souffert», indique un ami qui préfère ne pas être identifié.

Sixième meurtre en Estrie

Ce tragique événement est le sixième à survenir en Estrie, dont le quatrième à Sherbrooke en moins d’une année.

Pascal Gagnon, un homme de 49 ans, a été accusé d’un meurtre prémédité commis en décembre 2017. Il aurait abattu son ancien partenaire d’affaires à l’aide d’une arme à feu Érick Lavoie dans le secteur de Rock Forest.

En janvier, Arlène Girard, une dame de 52 ans, a été tuée dans le secteur de Rock Forest. Son fils Tom Néron a été accusé du meurtre.

Le corps de Jean-François Henri a été retrouvé tôt au matin du 19 mars en bordure de la halte du Moulin à Ulverton sur l’autoroute 55.

Jean-François Henri, 41 ans, de Magog a été retrouvé sans vie vers 7h par un passant. L’homme de 41 ans était connu pour sa feuille de route criminelle. Personne n’a encore été arrêté dans cette affaire.

En mai dernier, c’est un déménageur de Trois-Rivières, François Lefebvre, qui a été tué lors de son passage dans la région. Son corps a été retrouvé dans le parc industriel de Sherbrooke le 17 mai. Son collègue de travail François Asselin est accusé du meurtre au deuxième degré et d’outrage à un cadavre.

En juin, c’est un homme de 72 ans de Milan Héliodore Dulac qui a été victime d’un homicide.