François Provost, alias « Général Québec »

Menace de mort envers des policiers : la prison pour «Général Québec»

François Provost avait reconnu en février dernier avoir transmis au public une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à tout policier et d’avoir conseillé au public de commettre un homicide envers les policiers.

Il avait affirmé sur son mur Facebook que si un policier rentre chez lui, « j’vas tuer le policier parce qu’il viole mon domicile et je ne connais pas ses intentions alors tuez tous les policiers qui vont franchir votre porte c’est un droit de te protéger et protéger ta famille [sic] ».


À lire aussi: Menaces sur Facebook envers les policiers: «Général Québec» plaide coupable

«Général Québec» devant la justice pour des propos menaçants sur Facebook

Provost, qui avait alors choisi de se défendre seul, avait plaidé coupable aux deux accusations portées contre lui.

« Je suis un patriote québécois, mais je n’ai pas l’intention de faire du mal à personne. Les médias sociaux ça va vite. On n’a pas tout le temps de gérer ça. On veut faire notre part et s’exprimer. Des fois ça ne sort pas comme il faut. Mes doigts vont plus vite que ma pensée et mon cœur », a indiqué l’accusé au tribunal.

Me Benoit Gagnon de l’aide juridique défendait Provost lors des observations sur la peine.

« Il ne remet pas en question avoir dit ces termes qui peuvent faire craindre sur son mur Facebook. Ces commentaires étaient déplacés. C’est dans le contexte des changements au Code criminel concernant le fait que les policiers peuvent faire des arrestations sans motif pour facultés affaiblies que les mots ont été écrits. Ce n’était pas un message gratuit de haine envers les policiers », a expliqué Me Gagnon.

« Une arme à maîtriser »

La peine imposée par la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke correspond à une peine d’une année à laquelle la détention provisoire a été retranchée.

« La suggestion commune tient compte de tous les facteurs pertinents. Considérant l’infraction et le contexte, ce qui est important c’est la dénonciation et la dissuasion dans un contexte où les réseaux sociaux sont omniprésents », avait plaidé la procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier.

Un suivi probatoire de 18 mois a été imposé dans le cadre d’une probation de deux ans. La juge Desgens a interdit à Provost l’utilisation des réseaux sociaux pour la première année de probation, puis une rééducation par la suite.

« Je veux que l’on vous apprenne à travailler avec les réseaux sociaux à la deuxième année avec un agent de probation. Dans votre contexte, les réseaux sociaux deviennent une arme qu’il faut savoir maîtriser », estime la juge Desgens.

Elle a insisté sur le fait que la peine devait permettre de protéger la société.

C’est un signalement du public à la suite de propos qui a permis de mettre la main au collet de Provost le 13 janvier.

Ses divers profils Facebook présentent plusieurs propos racistes. L’une de ses pages l’identifie comme Général Québec avec la devise : « Icite c’est chez nous [sic] ». Drapé dans un fleurdelisé avec un chapeau aux couleurs du Québec, Provost multiplie les messages d’extrémisme politique.

Son profil Facebook comporte aussi une invitation à mettre en place une armée nationale québécoise où il recherche des gens avec des casiers judiciaires et qui possèdent des armes.

« Vous avez beau être nationaliste, mais cette idée de protéger votre pays doit se faire sans que la violence ne fasse partie de votre arsenal tant en parole que physiquement. Placés dans le contexte de tout ce qui se passe dans le monde, ces propos prennent une importance encore plus grande. Je pense que vous avez amorcé une réflexion qui devra se poursuivre dans la peine que je vous impose » estime la juge Desgens.

La juge a noté que les propos de Provost avaient changé depuis son arrestation.

« Il faut lui apprendre à vivre en société et à respecter ses règles. Si on l’encadre avec psychologue, psychiatre et bonnes ressources, nous allons être sur la bonne voie. », croit la juge Desgens.