Le Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke vit une crise, soutiennent d’anciens employés.

MBAS : un ex-employé dénonce le climat

Le climat de travail est tel au Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke (MBAS) qu’un ancien employé n’est nullement surpris de voir ses ex-collègues de travail vouloir se syndiquer.

Erik Beck a assisté à différentes scènes de relations interpersonnelles difficiles alors qu’il était à l’emploi de l’institution d’août 2016 à février 2017.

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« La situation s’est envenimée. Il y a des problèmes avec la direction du musée. Il y a longtemps que ça dure », affirme cet ancien directeur des communications et des services éducatifs au MBAS.

« Il y a eu des congédiements pour des raisons nébuleuses. Moi-même on m’a dit un jour que je ne pouvais plus travailler là, sans raison, alors que je faisais bien mon travail et c’était reconnu par mes
pairs. »

Mardi, on a appris que le Tribunal administratif du travail avait émis le certificat d’accréditation qui permet de créer leur syndicat regroupant 12 membres au musée. Selon la CSN, on y assiste à une dégradation des relations de travail. Le syndicat dénonce des représailles et le climat semble très tendu.

Sous le couvert de l’anonymat, d’anciens employés ont aussi raconté à La Tribune avoir été victimes d’agressivité, de cris et de méchancetés de la part de la directrice du MBAS, ce qui a mené à des départs.

« Il faudrait un grand changement »

Selon M. Beck, la direction devrait revoir sa gouvernance, car elle nuit au développement de l’institution. « La gestion et la gouvernance sont défaillantes, lance-t-il. Le musée aurait besoin d’un conseil d’administration plus critique envers la direction. Ce n’est pas le cas », dit-il.

« Il faudrait un grand changement pour qu’on tourne la page. Toute cette affaire corrosive nuit à l’écosystème du monde des arts à Sherbrooke. »   

La Tribune a tenté d’obtenir la version de la directrice générale du MBAS, Cécile Gélinas. C’est Me Jocelyn Beaudoin, du cabinet Groupe Loyer avocats de Bromont, qui a été mandaté pour répondre aux questions. Ce dernier ne souhaite pas discuter des « allégations » véhiculées au sujet du climat de travail au musée. Ces questions pourraient éventuellement faire l’objet de procédures judiciaires, dit-il.

Pour Me Beaudoin, la direction du musée s’est montrée bonne joueuse dans le processus de syndicalisation. « La direction a fait preuve de collaboration depuis le début du processus de syndicalisation. C’est un signe d’ouverture qui a permis d’éviter la judiciarisation du dossier, plaide-t-il. Les choses ont été faites correctement. » 

« La direction veut trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties dans la négociation de la convention collective des employés. »

Éric Beck est d’avis que le comportement de la direction du MBAS a poussé les salariés à se syndiquer. « Selon moi, il n’y aurait pas eu matière à syndicalisation si le climat avait été meilleur. Je ne suis pas contre les syndicats, au contraire », assure-t-il.

« Je crois que nous avons affaire à une syndicalisation qui vise à gérer une crise. »

Rappelons que la CSN qualifiait d’« odieux » le comportement de la direction, tout en ajoutant que des employés avaient été victimes d’intimidation.