Steve Lussier affirme qu’il est contre ses valeurs d’analyser la possibilité de mettre en place un projet dans un lieu qui a été le théâtre de nombreux crimes comme le bunker de Sherbrooke des Hells Angels.
Steve Lussier affirme qu’il est contre ses valeurs d’analyser la possibilité de mettre en place un projet dans un lieu qui a été le théâtre de nombreux crimes comme le bunker de Sherbrooke des Hells Angels.

 Lussier a hâte que le bunker soit rasé

« Il est prévu que le bunker de Sherbrooke soit détruit comme tous les autres au Québec. »

Le maire de Sherbrooke Steve Lussier rejette sans appel l’idée de conserver le bâtiment aux toits rouges de la rue Wellington Sud comme centre d’interprétation du crime organisé.

« Tant et aussi longtemps que je serai maire, il n’est pas question de penser qu’un tel projet voit le jour. Je sais de source sûre que le bâtiment sera détruit rapidement », affirme le maire de Sherbrooke sans préciser de moment pour la démolition de cet endroit ou l’identité des dites sources.

La semaine dernière, la conseillère municipale Évelyne Beaudin avait évoqué la possibilité de regarder l’option d’un projet alliant un parc nature faisant le pont entre le mont Bellevue et la rivière Saint-François avec un centre d’interprétation du crime sur le site de l’ancienne propriété des Hells Angels de Sherbrooke.

Steve Lussier affirme qu’il est contre ses valeurs d’analyser la possibilité de mettre en place un projet dans un lieu qui a été le théâtre de nombreux crimes.

« Il faut tourner la page »

L’avis du maire de Sherbrooke est partagé par la présidente du comité de sécurité publique de la Ville de Sherbrooke, la conseillère municipale Danielle Berthold.

« C’est un sujet que nous n’avons pas encore abordé au comité de sécurité publique. Il faut tourner la page sur cet endroit où des gens ont été tués. Il n’y a pas grand monde qui est favorable à faire de cet endroit un musée », estime Mme Berthold, qui commentait comme conseillère municipale non pas au nom du comité de sécurité publique.

L’immeuble situé au 1575 de la rue Wellington Sud faisait l’objet d’une ordonnance judiciaire depuis sa saisie lors de l’opération SharQc du 15 avril 2009.

Depuis la confirmation de la confiscation par la Cour suprême du Canada à la fin avril, le bunker et le vaste terrain qui appartenaient au chapitre de Sherbrooke du groupe de motards criminalisé sont la propriété du procureur général du Québec. C’est le directeur des poursuites criminelles et pénales qui en assure la gestion.

L’Association citoyenne des espaces verts de Sherbrooke (ACEVS) avait récemment manifesté son enthousiasme aux autorités municipales pour encourager la Ville de Sherbrooke dans ses efforts pour acquérir ces terrains et les transformer en zone de conservation.

Le montant des taxes municipales accumulées et dues à la Ville de Sherbrooke depuis avril 2009 s’élève à plus de 72 180 $. L’immeuble est évalué à 424 600 $ selon le rôle d’évaluation.

« Ce que nous souhaitons, c’est de pouvoir récupérer ce montant d’argent. C’est de l’argent dont nous avons besoin pour notre budget. Il faudra analyser avec le conseil municipal ce que nous ferons si les terrains sont mis en vente », indique le maire de Sherbrooke.

Charles Grenier intéressé

Si Steve Lussier écarte d’emblée l’idée soumise par la conseillère municipale Évelyne Beaudin, Charles Grenier, le propriétaire d’un des terrains enclavés qui a aussi été saisi en même temps que la propriété des Hells Angels, confirme son intérêt.

Deux lots sur les cinq saisis, soit des terrains appartenant à Excavations Charles Grenier et Paul Laroche, ont été confisqués par le tribunal. Ils se trouvent aussi entre les mains du DPCP.

Joint par La Tribune, jeudi. Charles Grenier manifeste son intérêt non seulement pour racheter le terrain qui lui a été confisqué, mais aussi pour l’ensemble de la propriété.

La propriété est située dans un zonage mixte qui permet la construction résidentielle unifamiliale, multifamiliale et même collective, par la présence du couvent situé juste à côté, ainsi que la construction commerciale.

« Je possède déjà des terrains au bout de la rue Thibault. Si ces terrains viennent qu’à être mis en vente, ils vont m’intéresser. J’ai toujours payé les taxes municipales sur le terrain qui m’appartenait à cet endroit. Les terrains de cette propriété pourraient permettre de déboucher sur la rue Wellington. Ça fait 30 ans que je fais du développement, alors si je vois une opportunité de développer ces terrains, c’est certain que vais être intéressé à les acheter », confirme Charles Grenier.

Le terrain qui appartenait à Excavation Charles Grenier est d’une superficie de 3000 mètres carrés (32 291 pieds carrés) avec une façade sur la rue Wellington Sud. Il se trouve collé sur la clôture située au Sud du lot sur lequel est bâti le repaire, au cœur d’un autre terrain qui appartenait aux Hells Angels.