Le pompier Martin Dumont est intervenu sur les lieux de l’incendie à Nantes dans la soirée du 5 juillet 2013.
Le pompier Martin Dumont est intervenu sur les lieux de l’incendie à Nantes dans la soirée du 5 juillet 2013.

L’incendie de Nantes du 5 juillet décortiqué

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Lorsqu’il a quitté les lieux de l’incendie de la locomotive de tête de la Montreal, Maine & Atlantic (MMA), le 5 juillet 2013, le pompier de Nantes Martin Dumont était « complètement en confiance » que la situation ne présentait aucun danger et aucun confrère ne lui a signalé semblable inquiétude.

Le témoignage de ce pompier a complété la vingtième journée du procès de trois anciens employés de la MMA, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

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Le conducteur du train Thomas Harding, le contrôleur de la circulation ferroviaire Richard Labrie et le directeur des opérations sont accusés de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à la suite de la tragédie ferroviaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mégantic.

Lors de l’intervention vers 23 h 30 le 5 juillet 2013 à Nantes, Martin Dumont est entré à l’intérieur de la locomotive de tête pour vérifier s’il n’y avait pas d’autres foyers d’incendie ou d’autres boutons d’urgence « cut off ».

Il assure n’avoir touché à aucune manette ou interrupteur à l’intérieur de la locomotive.

« J’ai fermé une dizaine de breakers. Dans ma tête, ils amènent l’électricité et on voulait fermer les « cut off » pour ne pas avoir d’autres foyers d’incendie. Il y a eu un klaxon d’une demi-seconde, mais je ne sais pas d’où il provenait. Il restait quelques cadrans avec des lumières dedans (...) Le klaxon est survenu relativement rapidement. C’était comme un sifflet de train vraiment fort. Je suis certain que ça provenait de la locomotive », assure Martin Dumont.

De retour à la caserne, Martin Dumont s’est rendu compte que ses vêtements avaient été tachés par l’huile de la locomotive.

En contre-interrogatoire, il a indiqué qu’il ne savait pas que le train sur lequel il intervenait pour éteindre un feu dans la cheminée de locomotive contenait des matières dangereuses.

« À mon niveau, ça n’aurait pas changé mon intervention », signale-t-il.

Il affirme n’avoir vu aucun mouvement du train pendant ou après l’intervention.

Vers 1 h 23 il était de retour en poste pour aider le service des incendies de Lac-Mégantic lors du déraillement survenu au centre-ville.

Pas de mouvement

L’officier David Grégoire a complété son témoignage en début de journée.

En contre-interrogatoire, il a témoigné, tout comme Martin Dumont, qu’il n’avait pas constaté de mouvement du train de la MMA.

« Aucun mouvement, aucun son du convoi n’a été entendu du temps que j’ai été présent », confirme David Grégoire.

Ce dernier avait constaté que de l’huile s’échappait d’un compartiment de la locomotive de tête dont son équipe venait d’éteindre l’incendie. Il ne se souvient pas de l’avoir montré, mais il témoigne l’avoir mentionné à l’employé Jean-Noël Busque de la MMA.

« J’ai constaté qu’il y avait une fuite d’huile dans le panneau. Il y avait environ une goutte aux quatre ou cinq secondes », a expliqué David Grégoire en contre-interrogatoire.

L’officier du Service des incendies de Nantes a affirmé à un policier de la Sûreté du Québec de la MRC du Granit que l’incendie n’était pas criminel.

« J’ai donné l’information que c’était un feu de cheminée de locomotive, que c’était un problème mécanique et qu’il y avait de très légers dommages », a indiqué M. Grégoire.

Ce dernier a répété que les pompiers ont quitté les lieux après que le représentant de la MMA lui a confirmé que tout était correct.

« C’est certain que l’on aurait suivi les directives s’il y en avait eu », assure David Grégoire.

Le procès se poursuit, jeudi.