Catherine Geoffroy, l’auteure alléguée du délit de fuite mortel, a comparu au palais de justice de Granby, mercredi.

Les proches de la victime toujours sous le choc

L’onde de choc a été totale pour plusieurs proches de Michel Carmel, happé mortellement le 7 novembre dernier alors qu’il travaillait sur un chantier de la route 220, à Bonsecours. Quelques-uns d’entre eux, dont la conjointe de la victime, tenaient à être présents lors de la comparution au palais de justice de Granby, mercredi, de l’auteure alléguée de ce délit de fuite mortel.

« La mort de Michel, c’est lourd à porter, a confié sa veuve à La Voix de l’Est. [...] Il faisait une job ingrate. Les gens prennent les signaleurs pour des [moins que rien]. Juste en venant au palais de justice, j’ai vu une personne qui textait au volant près d’un chantier. Elle roulait à toute vitesse. Malheureusement, il y a encore trop de gens inconscients. Aujourd’hui [mercredi], je suis ici parce que je veux voir qui a tué mon conjoint. J’ai l’intention d’être présente à toutes les étapes [du processus judiciaire]. »

Les propos d’un des confrères de M. Carmel allaient dans le même sens. « Le décès de Michel, ça frappe tout le monde, a-t-il dit, faisant le parallèle avec le fait que les travailleurs sur les chantiers routiers sont « tissés serré ». Encore aujourd’hui, c’est difficile à accepter. »

Selon nos informations, sous le coup de l’impatience, la suspecte dans cette affaire, Catherine Geoffroy, aurait heurté vers 15 h 30 un premier signaleur, en l’occurrence Jane Hannaberg, alors qu’elle travaillait sur un chantier de la route 220, à l’angle du chemin de l’Église.

La jeune femme de 30 ans ne se serait toutefois pas arrêtée là. Elle aurait donc happé un second signaleur, Michel Carmel, le traînant sur une dizaine de pieds. La conductrice aurait ensuite reculé pour frapper à nouveau le Sherbrookois avant de fuir les lieux. L'état de santé de l'homme s'est dégradé à la suite de ses blessures.

La veuve de la victime a confié avoir de la difficulté à réaliser ce qui est arrivé à son conjoint, happé mortellement sur un chantier routier à Bonsecours.

Lourdes conséquences

L’auteure alléguée du délit de fuite mortel a brièvement comparu au palais de justice de Granby, mercredi après-midi. Catherine Geoffroy semblait visiblement ébranlée lorsqu’elle s’est présentée dans le box des accusés devant la juge de la Cour du Québec Julie Beauchesne, menottes aux poignets.

Par ailleurs, un proche de la suspecte, présent au palais de justice, a dit à La Voix de l’Est qu’elle est dévastée par tous ces tragiques événements. La résidante de Sainte-Catherine-de-Hatley a été formellement accusée d’homicide involontaire, de délit de fuite, de conduite dangereuse et de voies de fait armés. Elle s’expose à une peine pouvant aller de 10 ans derrière les barreaux à la prison à vie.

La jeune femme est demeurée impassible lorsque la juge a énuméré les conditions de sa remise en liberté. On parle notamment de ne pas communiquer avec Anna Hannaberg ou se trouver au même endroit qu’elle. De plus, l’accusée ne peut pas quitter le Québec. Il lui est aussi interdit de conduire tout véhicule motorisé.

La veuve de Michel Carmel a préféré s’abstenir de commenter la comparution à sa sortie de la salle d’audience. Il n’a pas été possible de s’entretenir mercredi avec l’avocat de la défense, Me Alexandre Tardif.

Questionné à propos des délais avant de déposer des accusations dans le dossier, le procureur de la Couronne, Me André Campagna, s’est dit satisfait du processus.

« Ce genre d’enquête ne se règle pas en quelques minutes, a-t-il mentionné en mêlée de presse. Il y a plusieurs témoins à rencontrer pour connaître les faits exacts. [...] Je pense que tout s’est bien déroulé dans les circonstances. »

Pourquoi ne pas s’être opposé à la remise en liberté de la suspecte étant donné la gravité des chefs d’accusation ? « Le principe, dans notre société, est la remise en liberté. À moins de circonstances exceptionnelles ou qu’il y ait renversement du fardeau de la preuve. Ce que l’on n’avait pas dans ce dossier », a indiqué Me Campagna, précisant que l’absence d’antécédent judiciaire de Catherine Geoffroy a pesé dans la balance pour qu’elle demeure chez elle le temps des procédures.

L’affaire doit revenir devant le tribunal le 12 février prochain.