Pour Jacques Demers, président de la FQM, tout le réseau routier québécois a souffert d’un sous-financement chronique au cours des dernières années.

Les pires routes du CAA-Québec... s'améliorent

L'organisme CAA-Québec se réjouit de constater que plusieurs des pires routes identifiées l'an dernier dans la province sont en cours de réparation.

Au printemps 2018, une campagne a permis d'identifier les routes les plus mal en point. La liste a été établie à partir de 12 000 signalements qui ont été reçus du 25 avril au 25 mai.

Or, sept des dix pires routes semblent être sur la bonne voie, même si une seule a été réparée en entier, soit le chemin de la Réserve à Shawinigan, en Mauricie. Quatre routes sont en cours de réparation et deux autres seront bientôt remises en état, selon CAA-Québec.

En Estrie, lors du dernier palmarès paru en juin dernier, cinq voies publiques avaient été visées. Il était question de la rue Bouffard à  Windsor, de la route 257, et des rues Galt Ouest et Lucien-Brunelle, ainsi que le chemin Duplessis à Sherbrooke. Du côté du service des travaux publics de la Ville de Sherbrooke, on signale que le travail a été fait pour améliorer la situation.

Pour sa part, Jacques Demers, président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), fait remarquer que tout le réseau routier québécois a souffert d’un sous-financement chronique au cours des dernières années.

«Nous faisons face à 25 années de sous-financement dans l’entretien de notre réseau routier, a-t-il souligné. L’écart avec le financement consacré en 1993 à la voirie locale est actuellement de 23,6 millions $.»

«Pour rattraper ce retard, le gouvernement du Québec devra ajouter 30 millions $ aux montants voués à la réhabilitation du réseau routier local dans son prochain budget. On a 15 ans au moins de rattrapage. Ça ne se fera pas en un an ou deux.»

M. Demers, un Estrien qu’on connaît en Estrie comme maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog, voit l’avenir d’un  bon œil, à la lumière d’un changement de gouvernement à Québec.

«On sent une certaine ouverture du ministre des Transports, François Bonnardel», dit-il.

«Nous attendons le dépôt du budget provincial.»

Le CAA-Québec est aussi d’avis que l'aide financière gouvernementale sera nécessaire pour procéder à la réfection de certaines routes. On cite entre autres les cas de la route de la Rivière, à Grande-Vallée; du chemin de la Rivière-Châteauguay, à Ormstown; et de la traverse de Laval, à Lac-Beauport. CAA-Québec estime que la bouchée est simplement trop grosse à avaler pour les municipalités concernées.

La réfection peut parfois nécessiter des travaux de longue durée. Ainsi des travaux amorcés sur la route 389, sur la Côte-Nord, devraient durer dix ans. Évalués à 468 millions $, ils devraient permettre d'améliorer la sécurité et le confort sur cette route de 570 km.

La campagne «Les pires routes» sera de retour cette année. Sophie Gagnon, vice-présidente aux communications et affaires publiques de CAA-Québec, y voit un outil donnant une voix forte aux usagers de la route. Elle fait valoir que les décideurs ne peuvent plus rester insensibles aux messages des citoyens. À son avis, ils disposent ainsi d'un moyen de plus pour gouverner.