Les infractions sexuelles envers les enfants en hausse

Les infractions sexuelles envers les enfants expliqueraient en partie la hausse d'un pour cent de l'Indice de gravité de la criminalité (IGC) à Sherbrooke.
Le porte-parole du SPS, Samuel Ducharme et le chef de section, données, pratiques et systèmes opérationnels au SPS, Philippe Paultre.
Statistique Canada a rendu publiques les données relatives au crime à la grandeur du pays.
Pour la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Sherbrooke, les infractions sexuelles contre les enfants ont connu une hausse de 92,8 pour cent pour un taux qui est passé de 29,4 en 2015 à 56,7 en 2016 par 100 000 habitants.
En nombres réels, il est survenu 113 infractions sexuelles contre les enfants en 2016 comparativement à 58 en 2015. En 2012 et 2013, ce type d'infraction était enregistré 36 et 32 fois.
Le chef de section, données, pratiques et systèmes opérationnels au Service de police de Sherbrooke Philippe Paultre note que les infractions sexuelles contre les enfants, les agressions sexuelles et les voies de fait simples expliquent principalement la hausse de 12 pour cent des crimes contre la personne de 2015 à 2016.
Cette hausse s'inscrit cependant dans une tendance générale à la baisse de 23 pour cent des crimes contre la personne à Sherbrooke au cours des dix dernières années.
« Les infractions sexuelles envers les enfants sont principalement composées des infractions de leurre informatique. Étant donné que c'est devenu le moyen de communication des enfants et des adolescents, ils sont davantage sensibilisés à se tourner vers la police lorsqu'ils rencontrent des problématiques en ce sens », explique M. Paultre.
Selon le SPS, cette tendance à la hausse des crimes de leurre informatique était prévisible étant donné l'omniprésence des médias sociaux.
« Notre division de sécurité des milieux a effectué plus de 100 présentations au cours de la dernière année en matière de prévention de la cybercriminalité et de leurre informatique. Nous avons développé une belle expertise et nous sommes très présents auprès des jeunes », assure le porte-parole du SPS, Samuel Ducharme.
Les agressions sexuelles ont aussi connu une hausse de 18,75 pour cent de 2015 à 2016 dans la RMR de Sherbrooke.
« Les gens sont de plus en plus sensibilisés à porter plainte. La médiatisation de crimes de nature sexuelle incite les gens à dénoncer. Des campagnes comme '' sans oui c'est non '', qui a eu lieu en 2016, peut aussi expliquer que plus de gens ont dénoncé les agressions sexuelles », signale Samuel Ducharme du SPS.
Le SPS multiplie les efforts pour résoudre ce type de crime et traduire les auteurs devant les tribunaux, particulièrement lorsqu'il s'agit de crimes envers les enfants.
« Quatre autres enquêteurs sont formés pour les crimes de nature sexuelle, portant le total à neuf, soit le tiers des effectifs de la division des enquêtes. La présence de Kanak auprès des enfants victimes offre un outil de plus pour nos enquêtes en matière de nature sexuelle. Le CAVAC est aussi présent présent dans nos locaux, ce qui contribue à rassurer les victimes » souligne Samuel Ducharme.
En bas de la moyenne canadienne
La RMR de Sherbrooke se situe en bas de la moyenne nationale pour l'IGC avec un indice de 50,3 alors que la moyenne canadienne est de 71.
Comme ailleurs au pays, cet indice est cependant en importante baisse. Pour la RMR de Sherbrooke, l'IGC a baissé de 38 pour cent au cours des dix dernières années.
Le taux de criminalité global a augmenté de 2 pour cent à Sherbrooke dans un contexte de baisse de 36 pour cent depuis 2006.
« Sherbrooke reste une ville très sécuritaire. Les patrouilleurs sont proactifs sur le terrain afin que la population puisse s'y sentir en sécurité. Des agressions graves, il y en a très peu », constate Samuel Ducharme du SPS.
Les crimes contre la propriété ont diminué de 6 pour cent au cours de la dernière année complète dans une tendance de baisse de 50 pour cent depuis dix ans.
Les vols qualifiés, avec une baisse de 23 pour cent, les introductions par effraction, à moins 12 pour cent, et les vols de véhicules, à moins deux pour cent, sont en diminution.
La RMR de Sherbrooke compte évidemment la ville-centre, mais également dix autres municipalités dont les territoires de Saint-Denis-de-Brompton, Magog, Ascot Corner et Orford.
En plus du Service de police de Sherbrooke, la Sûreté du Québec et la Régie de police Memphrémagog interviennent sur le territoire couvert par la RMR de Sherbrooke.