La police de Gatineau surveille le phénomène des motards criminels.

Les Hells « ne se cachent plus » dans la région

Les autorités policières de l’Outaouais confirment la plus grande présence des motards criminels dans les bars de la région, depuis quelques mois.

Le directeur du Service de police de la Ville de Gatineau, Mario Harel, affirme que « de nouveaux noms » s’ajoutent à la liste des membres de ces groupes, de plus en plus visibles à Gatineau et les environs.

M. Harel a réagi ainsi, lundi, aux informations de Radio-Canada selon lesquelles un nouveau club-école des Hells Angels en Outaouais, les Devils Ghosts, venait de voir le jour.

À ce groupe affilié aux Hells Angels, il faudrait ajouter l’existence de deux autres organisations, « The Devil’s Call Gatineau » et les « Marginal Outaouais », qualifiées de sympathisantes au célèbre groupe de motards. « On s’est aussi activés », résume Mario Harel.

Les motards criminels se montrent de plus en plus dans les bars de la région outaouaise. « Ils s’affichent de plus en plus, dit-il. Ils ne se cachent plus. Le ton a changé. Ils (les motards) ont une mission, et c’est celle de s’afficher. Ils ne le font pas cela pour rien. »

Le SPVG multiplie les visites de bars, avec la collaboration de l’Escouade nationale de répression du crime organisé (ENERCO) et l’Escouade régionale mixte (ERM).

« On veut absolument garder des liens avec les tenanciers », répète le chef Harel, conscient que certains d’entre eux se retrouvent parfois dans des situations délicates.

Les motards sont reconnus pour investir ce type d’établissement afin de s’assurer du contrôle du commerce de la drogue.

La prochaine légalisation du cannabis, le 17 octobre, va « changer le pH de l’eau », exprime Mario Harel.

« Les motards vont perdre des revenus, mais vont être portés, de plus en plus, à se tourner vers des substances comme le shatter ou le wax (deux dérivés très concentrés du cannabis) qui vont demeurer illégaux. »

À court terme, le numéro un du SPVG n’entrevoit pas de confrontation directe entre gangs de rue et motards, en Outaouais.

Pour l’instant, il n’y a aucun « quartier général » ou endroit officiel servant de lieu de rassemblement des motards en Outaouais, selon M. Harel.

À la police de la MRC des Collines, le sergent Martin Fournel s’en tient à dire que ses collègues « surveillent de près » la situation.