C’est à ce logement de la rue Élaine-C-Poirier que Nicolas Bergeron gardait vraisemblablement la cocaïne.

Les accusés de l'opération Gaspésie veulent aller en thérapie

Après plusieurs années de consommation intensive de cocaïne Félix Brouillet-Nadeau et Nicolas Bergeron se disent maintenant prêts à entreprendre une thérapie.

Détenu depuis une semaine à la suite de leur arrestation dans le projet Gaspésie visant le trafic de stupéfiants à Sherbrooke, les deux individus subissaient leur enquête sur remise en liberté devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, au palais de justice de Sherbrooke.

Nicolas Bergeron a avoué consommer de la cocaïne tous les jours depuis deux ans.

« Je consomme un à deux grammes de cocaïne par jour. Je paye pas ça cher, environ 1000 $ l’once. Je me disais que j’étais un grand garçon assez fort pour m’en sortir par moi-même. Je n’ai jamais avoué mes problèmes de consommation parce que je n’étais pas fier de moi », a signalé Nicolas Bergeron.

L’individu de 26 ans a aussi témoigné de sa situation en prison.

« C’est dur de ne pas avoir ma liberté; de vivre avec plein de monde que tu ne connais pas. C’est dur d’être privé du monde que t’aimes dehors. Je suis perdu depuis que je suis là. Personne ne t’aide en prison. J’ai manifesté à mon avocate ma volonté d’aller en thérapie. La consommation me détruit. Je suis à terre ben raide. La thérapie va m’aider à me remettre sur pied », souhaite Nicolas Bergeron.

Par l’entremise de son avocate Me Karine Poliquin, Bergeron a contacté le centre de réadaptation à Gatineau afin d’entreprendre une démarche thérapeutique.

Félix Nadeau-Brouillet, 28 ans, a reconnu ses problèmes de consommation de cannabis et de cocaïne depuis une dizaine d’années.

« Je prends au moins trois grammes de cannabis et cocaïne par jour. Ça m’aide à finir mes journées. Ça prend ce que ça prend pour rester réveillé. Ça pourrait m’aider d’aller en thérapie. J’avais la pensée magique de pouvoir arrêter seul », a mentionné Félix Brouillet-Nadeau.

Il avoue posséder une dette de drogue d’au moins 5000 $ à 6000 $.

« Quand on veut consommer, on s’arrange pour trouver de l’argent », a souligné l’accusé qui est défendu par Me Christian Raymond.

Une maison de thérapie s’est montrée prête à accueillir Brouillet-Nadeau s’il s’engage à respecter les règlements du programme de 20 semaines de garde fermée.

La procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté considère que les deux accusés ne sont pas crédibles.

« Tout d’un coup, Félix Brouillet-Nadeau affirme vouloir faire une thérapie en plein témoignage. Je doute de la motivation autre que de se sauver de la détention (...) Quant à Nicolas Bergeron, il n’y a rien de confirmé. On a un individu qui vit du crime organisé avec un mode de vie qui y est relié. La thérapie n’est-elle pas opportuniste? » demande Me Baril-Côté.

La juge Desgens rendra sa décision sur la remise en liberté des accusés, jeudi prochain.