Légalisation de la marijuana: les policiers municipaux réclament plus d’agents évaluateurs

À l’approche de la légalisation de la marijuana au pays, la Fédération des policiers municipaux du Québec réclame qu’au moins dix fois plus d’agents évaluateurs afin de constituer les dossiers de conduite sous l’influence du cannabis qui seront présentés devant les tribunaux.

L’agent évaluateur est un expert en reconnaissance de drogues certifié qui est agréé par l’Association internationale des chefs de police en mesure d’effectuer des évaluations selon l’article 254 (3.1) du Code criminel pour vérifier si la capacité de conduite d’une personne est affaiblie par suite de l’absorption d’une drogue ou d’une combinaison d’alcool et de drogue. 

Offerte à l’École nationale de police du Québec depuis 2008, la formation est  de 80 heures réparties sur dix jours et doit être complétée par un agrément sur le terrain de 40 heures.

On compterait 80 agents évaluateurs dans les services de police municipaux du Québec et une quarantaine d’autres policiers ayant complété la formation théorique en attente de réussir l’agrément sur le terrain.

La Fédération calcule que 10% des policiers municipaux sont formés en tant qu’agents évaluateurs pour l’alcool, mais que moins de 1% le seraient pour la détection du cannabis, une lacune importante étant donné que le cannabis sera légal au Canada d’ici quelques mois.

Cinq corps policiers municipaux n’auraient aucun agent évaluateur et quinze n’en auraient qu’un seul alors que la Fédération souhaiterait qu’il y ait un agent évaluateur par relève par service de police.

«Depuis le 6 septembre, nous demandons au gouvernement de trouver une solution pour former plus d’agents évaluateurs. Quelle a été sa réponse? D’avoir recours aux tests de salive qui sont décriés par les spécialistes», déclare Robin Côté, président de la Fédération des policiers municipaux.