Palais de justice de Sherbrooke

Le Tribunal fait une mise en garde aux petits fraudeurs

« Veux-tu faire de l’argent facilement? »

C’est en acceptant de participer à un stratagème de dépôt de chèque dans son compte bancaire par un autre individu sans trop se poser de questions qu’un jeune homme de 19 ans est tombé dans le panneau de la fraude.

Il a reconnu ses torts devant le tribunal, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Avant de lui imposer 60 heures de travaux communautaires dans le cadre d’une absolution conditionnelle, la juge Claire Desgens de la Cour du Québec lui a rappelé que « l’argent ne poussait pas dans les arbres » et a servi une sérieuse mise en garde à ce type de fraudeurs.

« La multitude de ces petits gestes crée des problèmes à des gens qui n’ont rien à voir avec ça et qui travaillent fort pour leur argent. Il y a des gens sans scrupule qui montent des stratagèmes pour voler des milliers $. Les moyens technologiques permettent des choses qui n’étaient pas possibles par le passé. Ça devient inquiétant pour des gens honnêtes qui travaillent fort pour leur argent », a signalé la juge Claire Desgens de la Cour du Québec.

L’individu de 19 ans a participé au complot pour que des chèques soient déposés dans son compte bancaire, puis que l’argent soit retiré. Ce stratagème a été répété à trois reprises dans une caisse Desjardins et à la Banque TD chaque fois pour des montants de 880 $.

L’accusé avait fourni sa carte de guichet bancaire ainsi que son numéro d’identification personnel (NIP) afin que la personne qui serait à l’origine de cette fraude puisse s’exécuter.

La moitié de la somme déposée lui était remise.

« Les banques se sont rendu compte rapidement des stratagèmes. Mon client a été naïf. Il a fait preuve d’aveuglement volontaire », mentionne l’avocate de l’accusé, Me Stéphanie Marcoux.

« J’ai été un peu naïf. Je l’avoue. J’ai compris qu’il fallait travailler pour gagner son argent », a signalé l’accusé au tribunal.

La peine d’absolution conditionnelle a été imposée à la suite d’une suggestion commune de l’avocate de la défense Me Stéphanie Marcoux et du procureur aux poursuites criminelles Me Louis Fouquet.

« Je comprends que ça peut être une erreur de jeunesse. Ce n’est pas à l’encontre de l’intérêt public. Quand on tombera sur la bonne personne dans la hiérarchie, ça va nécessiter des peines d’emprisonnement. De petites fraudes cachent souvent de gros crimes. Les tribunaux prennent ces crimes au sérieux », assure la juge Desgens.

Le tribunal a tenu compte des impacts de ce crime sur la victime à qui les chèques ont été volés, puis la réputation financière entachée.

« On parle presque de vol d’identité. Quand on lit la déclaration de la victime, on constate qu’i a été ébranlé sur le plan émotionnel. Il indique que son crédit impeccable a été affecté », mentionne la juge Desgens. 

La victime n’a pas subi de perte financière

Un autre jeune homme impliqué dans cette affaire prendra position dans son dossier le 20 mars prochain.