Danny McConnell, directeur du Service de police de Sherbrooke

Le SPS cartographie les infractions sur son territoire

Il est maintenant possible de connaître les actes criminels les plus fréquents dans votre quartier. La Ville de Sherbrooke rend disponibles des données concernant la criminalité sur son territoire, des données que les citoyens pourront éventuellement consulter sur une base mensuelle.

Sur une carte publiée au www.sherbrooke.ca/cartes, sous la section « Regard sur la sécurité publique », il est possible de voir les données concernant les accidents avec blessés, les accidents mortels, les conduites avec les facultés affaiblies, les introductions par effraction, les méfaits, les menaces et actes de violence, de même que les voies de fait et les vols.

Pour préserver l’identité des victimes et la vie privée, les incidents seront localisés à une intersection située à proximité du lieu où il est survenu. La seule exception concerne les accidents de la route, pour lesquels le lieu ne révèle pas d’information sur la vie privée des victimes.

« Les gens pourront voir ce qui se passe dans leur quartier. On pense que ce volet-là rend la police plus transparente et donne l’opportunité aux citoyens de nous aider pour la prévention. On pense à l’introduction par effraction, à la surveillance du quartier pour supporter nos efforts. Les gens pourront identifier les endroits où nos policiers sont postés pour faire du radar, parce que ce sont des endroits où il y a plus d’accidents », révèle le directeur du Service de police de Sherbrooke, Danny McConnell.

La divulgation de ces informations ne risque-t-elle pas de semer la panique dans la population?

« On voit ça de façon rassurante parce que Sherbrooke est une ville sécuritaire. Ce n’est pas gênant de diffuser ce genre d’information. Il y aura toujours un délai d’un mois pour analyser les informations, ce qui laissera le temps à nos policiers de prendre des actions concrètes qui seront diffusées par le service des relations publiques. »

Les infractions choisies sont celles à propos desquelles les citoyens se posent davantage de questions, selon M. McConnell.

Les données diffusées pour le moment sont celles de 2016 à 2018. L’objectif est de réaliser une mise à jour une fois par mois, avec un décalage d’un mois par rapport au moment où les infractions sont commises. Ces données ne peuvent se substituer à celles diffusées par Statistique Canada, une fois par année, qui seront toujours considérées comme les seules données officielles.

Trois autres villes rendent déjà disponibles des données ouvertes sur leurs activités policières, soit Montréal, Gatineau et Laval. La Société de l’assurance automobile du Québec rend quant à elle disponibles les données provinciales sur les accidents de la route.

La carte interactive devrait être un outil évolutif qui pourrait permettre, éventuellement, de signaler des infractions. Il s’agit d’une possibilité à l’étude, selon Philippe Paultre, chef de la section des données et des projets spéciaux.