Le sort du bunker des Hells se joue

Le sort du bunker des Hells Angels se jouera au cours des prochains jours.
L'audition de la requête en confiscation du repaire du chapitre de Sherbrooke des Hells Angels doit être entendue mercredi et jeudi au palais de justice de Montréal.
Le bunker des Hells Angels de Sherbrooke du 1575 de la rue Wellington Sud fait l'objet d'une ordonnance de blocage depuis l'opération SharQc d'avril 2009.
Le directeur aux poursuites criminelles et pénales (DPCP) a déposé en novembre 2015 une requête en confiscation du bunker ainsi que des terrains et immeubles enclavés et attenants qui appartiennent à des compagnies dont les propriétaires sont ou ont été des membres des Hells Angels.
L'immeuble appartient à une compagnie à numéro dont les propriétaires sont les membres en règle du chapitre de Sherbrooke Guy Auclair, Georges Beaulieu et Richard Rousseau. Ces trois individus ont été condamnés à des peines de détention après leurs plaidoyers de culpabilité de complot pour meurtre enregistrés en août 2012 dans le cadre du procès SharQc.
Auclair, Beaulieu et Rousseau avaient été condamnés à 15 ans de prison. Ils s'étaient tous adressés à la Cour d'appel du Québec pour que leur peine soit réduite à la suite de l'arrêt des procédures dans SharQc.
Dans sa requête, le directeur aux poursuites criminelles et pénales soutient que le bâtiment est « utilisé comme un bien infractionnel par les membres ».
« Il ressort des plaidoyers de culpabilité des membres et sympathisants des Hells Angels chapitre de Sherbrooke, que le repaire est utilisé à titre de bien infractionnel par les membres et sympathisants. Des armes y sont utilisées et entreposés, du renseignement colligé sur les ennemis y est laissé. Le repaire est donc un lieu protégé par et pour les membres et les sympathisants », explique la requête en confiscation.
Le ministère public soutient aussi que le lieu est utilisé comme une forteresse : « on y retrouve des détecteurs infrarouges, clôtures, caméras, chiens de garde ».
Le ministère public fait aussi ressortir que « le repaire est utilisé comme outil de rencontre sécuritaire des membres » et est utilisé « pour camoufler des armes, de l'argent, du renseignement sur les ennemis de l'organisation ».
Toujours selon la requête qui sera débattue en Cour supérieure, le repaire aux toits rouges de l'arrondissement de Lennoxville « sert à assurer la visibilité de l'organisation ».
Dernier repaire
Les repaires des chapitres de Montréal, Trois-Rivières, South et Québec ont tous été confisqués à titre de biens infractionnels.
Lors de l'audition prévue pour deux jours, la juge Carole Cohen de la Cour supérieure doit d'abord déterminer de l'admissibilité des pièces déposées en preuve par la poursuite.
Selon un quotidien montréalais, des membres en règle des Hells Angels pourraient témoigner devant le tribunal afin de préserver le bunker de Sherbrooke.
L'avocate de la défense Me Mylène Lareau, refuse de confirmer ou d'infirmer qu'elle présentera une défense lors des procédures.
Le dernier rôle d'évaluation de la Ville de Sherbrooke établit à 424 600 $ la valeur du bunker des Hells Angel et le montant de taxes impayées à 45 700 $.
La Ville de Sherbrooke n'entend pas déléguer ses avocats pour suivre les procédures de confiscation.