Saad Amine Habboub

Le sort de Saad Amine Habboub entre les mains de la juge

« J’étais désespéré, mais pas pour faire du mal à personne. Je voulais juste voir mes enfants »

Saad Amine Habboub a poursuivi, mercredi, son récit décousu et truffé de contradictions de son propre témoignage des événements du 15 novembre 2017 pour lesquels il est accusé de tentative de meurtre.

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Les événements seraient survenus derrière un bâtiment de la rue Kitchener à Sherbrooke.

Le procès de l’individu de 29 ans sur cinq chefs d’accusation de tentative de meurtre, de conduite dangereuse, de menaces, de voies de fait armées en utilisant une voiture et de port d’arme dans un dessein dangereux s’est terminé, mercredi, devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

L’accusé place sur le dos de la réaction de la victime la poursuite en véhicule dans les rues de l’ouest de Sherbrooke et des événements qui en ont découlé.

Me Émilie Baril-Côté

En contre-interrogatoire, Habboub a continué de répéter à de multiples reprises que sa seule motivation dans toute cette affaire était de revoir ses enfants.

« Je n’ai jamais eu l’intention de lui faire mal », répète Saad Amine Habboub concernant la victime qui ne peut être identifiée sur ordre du tribunal.

Après un second impact avec son véhicule, Habboub a continué à pourchasser la victime derrière la bâtisse de la rue Kitchener.

« Je suis allé dans ma voiture. J’ai pris le couteau et j’ai cassé la fenêtre. Je voulais juste lui parler. Je voulais la raisonner afin de voir mes enfants. J’étais fâché, triste, anxieux, pas de moral, à la rue », témoigne Habboub « Elle était partie en folie, je l’ai suivie. Elle s’est encastrée dans le mur. Je n’avais nulle part où aller. Ç’a été trop loin. Je voulais simplement lui dire ce que j’avais à lui dire. »


« Je suis allé dans ma voiture. J’ai pris le couteau et j’ai cassé la fenêtre. »
Saad Amine Habboub

Il affirme que son seul objectif en brisant la fenêtre du véhicule avec un couteau était d’avoir une conversation avec la victime.

« Je ne me rappelle pas de tout ce que j’ai dit, mais il est impossible que je l’ai menacée. Ma seule intention était de lui parler », mentionne Habboub qui reconnaît lui avoir dit des insultes en arabe.

Il a répété que jamais il n’a voulu faire du mal à la victime ou foncer dans son véhicule de façon intentionnelle.

Les souvenirs de l’accusé se sont entremêlés tout au long du contre-interrogatoire de son témoignage.

« Ma mémoire me fait défaut. Je n’étais pas dans un état normal lors de cette journée », signale Habboub.

Me Ramy El-Turaby

Plaidoiries

Lors de sa plaidoirie, l’avocat de la défense, Me Ramy El-Turaby a convenu que son client n’était pas le témoin le plus facile et qu’il avait beaucoup à dire.

Il souligne que Saad Amine Habboub n’était clairement pas dans son état normal lors des événements.

« La question primordiale que doit se poser le tribunal demeure : est-ce que monsieur Habboub avait l’intention de commettre l’infraction la plus grave au Canada? (...) À part crier, il ne fait pas de geste violent. Il l’a poursuivie certes, mais il ne fait aucun autre geste de violence. Rien ne nous permet d’en venir à la conclusion qu’il a l’intention spécifique de tuer », soutient Me Ramy El-Turaby

Il plaidé que Habboub n’a posé aucun geste avec le couteau.

« Il n’y a pas eu de tentative de poignardage. On ne voit pas de mouvement avec le couteau », estime Me El-Turaby.

La défense a concédé la culpabilité de Habboub à la conduite dangereuse et à l’utilisation de port d’arme dans un dessein dangereux.

La procureure aux poursuites criminelles Me Émilie Baril-Côté rappelle les paroles de Habboub à l’endroit de la victime après qu’il ait fracassé la vitre de son véhicule avec un couteau.

« Selon le témoignage de la victime, les paroles de l’accusé sont claires : je vais te tuer. Il l’a répété plusieurs fois », signale Me Baril-Côté qui rejette l’argument de la défense selon laquelle Habboub n’a pas posé de gestes violents le 15 novembre 2017.

La procureure aux poursuites criminelles ajoute que « la version de l’accusé est invraisemblable, incohérente et ne concorde pas avec ce que les témoins sont venus dire devant le tribunal. »

« Non seulement l’accusé a menacé de mort la victime, mais il était rendu au point que n’eût été l’intervention des autorités, il serait passé à l’acte », plaide Me  Baril-Côté.

La juge Desgens rendra sa décision le 1er mars prochain.

Il attaque un livreur avec un couteau

L’individu qui a attaqué un livreur de colis avec un couteau à son domicile doit répondre de graves accusations criminelles.

Patrick Joël Balou de Sherbrooke a été accusé de voies de fait causant des lésions, de voies de fait armées et de menaces de mort contre un livreur de la compagnie DHL qui s’est présenté à son domicile, mardi.

L’individu de 49 ans a comparu, mercredi, devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

C’est la procureure aux poursuites criminelles Me Véronique Gauthier qui a autorisé les accusations, alors que Me Jessyca Duval de l’aide juridique défend l’accusé.

Sans antécédent judiciaire, Patrick Joël Balou s’en est pris au livreur qui s’est présenté à son domicile de la rue Chambord.

« Le livreur a réclamé des frais de livraison et de douane d’un montant de 187 $. Le colis contenait des vêtements », explique le porte-parole du Service de police de Sherbrooke, Martin Carrier.

Il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres.

Le citoyen a refusé de payer pour la livraison avant de s’emparer du colis de force en donnant un coup de couteau au livreur.

« Le citoyen a utilisé un couteau de cuisine d’environ huit pouces. Le livreur a été blessé à l’avant-bras », mentionne le porte-parole du SPS.

Les policiers ont été dépêchés sur place pour procéder à l’arrestation du suspect.

Balou a passé la nuit de mardi à mercredi derrière les barreaux du quartier général du SPS.