De nouvelles accusations pourraient être portées contre le psychologue sherbrookois Étienne Lavoie, déjà accusé d’agressions sexuelles, de proxénétisme et de trafic de stupéfiants.

Le psychologue Étienne Lavoie: «Un homme violent et insistant»

De nouvelles accusations pourraient être portées contre le psychologue sherbrookois Étienne Lavoie, déjà accusé d’agressions sexuelles, de proxénétisme et de trafic de stupéfiants. Quatre nouvelles plaignantes seront rencontrées par le SPS cette semaine, dont une mineure, pour des histoires d’agressions sexuelles et d’achat de services sexuels.

C’est ce qu’a permis d’apprendre le témoignage de l’enquêteur du SPS Vincent Fontaine, livré dans le cadre de l’enquête sur remise en liberté de l’homme de 47 ans qui fait face à 14 chefs d’accusation.

À lire aussi: Le psychologue Étienne Lavoie accusé de proxénétisme

Étienne Lavoie veut aller en thérapie

Pendant près de deux heures mardi, l’enquêteur a livré les détails de l’enquête ayant mené à l’arrestation de l’homme de Sainte-Catherine-de-Hatley.

Menotté, Lavoie a écouté attentivement le témoignage de l’enquêteur. Bras et jambes croisés, il lui arrivait de hocher la tête en signe d’approbation lorsque l’enquêteur récitait la version de l’accusé quant à certains événements.

Lavoie aurait fait au moins trois victimes, des femmes majeures, entre janvier 2018 et février 2019. Dans tous les cas, il s’agirait de femmes vulnérables.

Le psychologue et la première victime alléguée auraient fait connaissance à l’été 2018. Rapidement, le psychologue aurait initié la victime à la consommation de crack. En deux mois, ils auraient consommé pour environ 15 000 $. Lorsque le duo est arrivé à court d’argent, Lavoie aurait encouragé la femme à se prostituer afin d’obtenir de l’argent pour se payer des stupéfiants. C’est Lavoie qui se serait occupé de faire l’annonce offrant les services de la victime sur le site Annonce intime. Ce serait lui qui aurait informé les clients du tarif et qui aurait fourni l’adresse. C’est également lui qui s’est emparé de l’argent fourni par le premier et unique client afin d’aller acheter du crack.

Selon l’enquêteur Fontaine, la première victime décrit Lavoie comme un homme violent et insistant dont elle a peur.

La deuxième victime a porté plainte au SPS contre Lavoie pour une agression sexuelle.

La plaignante aurait accepté de faire une fellation à l’accusé contre de l’argent. Ce dernier aurait toutefois forcé la victime à avoir une relation sexuelle complète après la fellation, relation qu’elle n’aurait jamais consentie.

Étienne Lavoie

La troisième victime était à Sherbrooke afin de suivre une thérapie pour vaincre sa dépendance à la drogue. Lavoie l’aurait rencontrée dans un lieu de consommation, amenée dans son bureau de psychologue de la rue Frontenac où il l’aurait attachée sans son consentement pendant une relation sexuelle. En pleurs, elle aurait demandé à être détachée, ce qu’il aurait refusé. Il aurait ensuite amené cette victime à sa résidence où il proposait d’échanger des faveurs sexuelles contre de la drogue.

La femme a finalement appelé le 911 puisqu’elle ne savait pas où elle était ni comment quitter la résidence de Lavoie.

En plus des témoignages des victimes, une grande partie de la preuve présentée repose sur les données trouvées dans le cellulaire de Lavoie. L’enquêteur du SPS a également découvert que Lavoie gérait plus d’une annonces sur le site Annonce intime.

Dans toutes ces annonces, le numéro de téléphone fourni était celui relié à Lavoie dans le bottin de l’Ordre des psychologues du Québec.

Depuis la médiatisation de l’arrestation de l’homme de 47 ans, l’enquêteur Fontaine dit avoir reçu une trentaine d’appels concernant ce dossier. De tous ces appels, quatre ont mené à des plaintes.

Ces nouvelles plaignantes seront rencontrées par le SPS dans les jours à venir. Deux plaintes portent sur des agressions sexuelles. Une plainte concerne l’achat de services sexuels.

La dernière plainte porte sur une agression sexuelle sur une mineure, après l’achat de services sexuels.

D’autres appels concernaient des manquements déontologiques.

Lavoie aurait entre autres dormi pendant des séances de thérapie, regardé de la pornographie à l’arrivée d’une patiente ou demandé à être payé avant des séances.

Consommer du crack avec ses patients

Étienne Lavoie a déjà occupé les fonctions de directeur clinique de la maison de thérapie ReNasci à East Angus, qui a fermé ses portes en 2015.

Selon les informations de l’enquêteur Fontaine, l’accusé aurait été démis de ses fonctions puisqu’il aurait amené certains de ses patients à sa résidence pour consommer du crack.

Lavoie possède des antécédents judiciaires en matière de vol, menaces, entrave au travail des policiers et possession de crack. Il avait été condamné à 26 jours de prison à purger les fins de semaine en février 2018.

De nombreux bris de probation ont été portés contre lui au cours des derniers mois.

Suspension des activités professionnelles

Le secrétariat du conseil de discipline de l’Ordre des psychologues a annoncé mardi qu’une requête du bureau du syndic a été signifiée à Étienne Lavoie.

Cette requête demande l’imposition d’une suspension immédiate des activités professionnelles de Lavoie.

L’audience du conseil de discipline pour entendre cette requête aura lieu le 7 mars prochain.

Lavoie sera de retour devant le juge Conrad Chapdelaine jeudi pour la suite de l’enquête sur remise en liberté. L’accusé est défendu par Me Christian Raymond. Me Claude Robitaille représente le ministère public. Rappelons que Lavoie souhaite aller en thérapie, ce à quoi s’oppose la poursuite.