Le programme d’accompagnement en santé mentale devient permanent

Le programme d’accompagnement en justice et en santé mentale (PAJSM) devient non seulement permanent, mais s’étendra maintenant à l’ensemble du district judiciaire de Saint-François.

Ce programme qui permet à des individus vivant avec des problèmes de santé mentale, souvent avec des capacités cognitives plus limitées, qui commettaient des petits délits criminels à répétition de stabiliser leur condition, de reprendre leur vie en main avec le suivi d’un intervenant social et de cesser les allers retour répétés au palais de justice de Sherbrooke.

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« J’avais un client qui commettait des petits vols à répétition. Il prenait des petits objets dans les poubelles, mais des fois il en prenait des plus gros comme des vélos ou des tondeuses qui n’étaient pas nécessairement à donner. Une intervenante a fait la tournée des poubelles avec lui pour qu’il comprenne que certains « trésors » ne pouvaient être repris. En cas de doute, il demandait un reçu au propriétaire du bien pour le prendre. Cette façon de faire a été contresignée par un juge et il a continué de cette façon. Il évite maintenant les tribunaux », explique l’un des instigateurs du projet en Estrie, Me Benoit Gagnon de l’aide juridique.

Lancé il y a un an, ce programme qui a déjà traité 45 dossiers connaît des succès qui permettent à la magistrature, aux autorités judiciaires ainsi qui celles de la santé et des services sociaux de poursuivre leur collaboration afin de mettre fin au syndrome des portes tournantes.

« L’adhésion volontaire est essentielle. Si ce n’est pas volontaire, ça ne fonctionne pas. Et c’est d’ailleurs pourquoi certains ne veulent pas y adhérer. Parce que c’est très difficile d’adhérer à ce programme; plus difficile pour certains que de passer trois jours en prison et de retourner dans la rue. Ce programme permet d’éviter les portes tournantes du système de justice. Des gens qui commettaient un délit mineur faisaient deux semaines de prison, recommençaient leurs crimes et revenaient devant les tribunaux. Le PAJSM permet de les réintégrer dans la société. Le problème de santé mentale est encore présent, mais il est contrôlé. On leur permet de fonctionner en société et de ne pas revenir devant le tribunal. Les gens ne reviennent pas devant le système de justice parce qu’ils ne commettent plus d’infraction », explique la juge en chef adjointe de la Cour du Québec, Danielle Côté.

La collaboration du juge, d’un travailleur social de même que de l’avocat de la défense et du procureur aux poursuites criminelles est essentielle à la réussite de ce programme.

« Pour une personne qui vit avec des problèmes de santé mentale, sentir qu’une personne en autorité s’attarde à lui comme individu pour éviter qu’il revienne dans le système de justice au lieu de lui imposer une peine de prison fait toute la différence », explique la juge Côté.

Le DPCP, l’aide juridique, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la Ville de Sherbrooke, le Service de police de Sherbrooke, le ministère de la Sécurité publique (MSP), la magistrature de la Cour du Québec et l’Université de Sherbrooke participent entre autres à ce projet.