Tony Accurso

Le procès d'Antonio Accurso a avorté

Le procès pour fraude, corruption et abus de confiance de l'entrepreneur Tony Accurso, concernant un système de ristournes sur les contrats de construction à Laval, a avorté, vendredi, à la toute fin du processus.

Alors qu'on devait entendre la plaidoirie finale de la poursuite, le juge James Brunton, de la Cour supérieure, a dû se résigner à décréter l'avortement du procès, devant le coup de théâtre qui venait de se produire.
Avant même de faire venir le jury dans la salle, vendredi matin, le juge a lu une note qu'il venait de recevoir de la part de la jurée numéro 6.
Celle-ci y relatait qu'elle avait reçu des confidences de son oncle, qui lui disait avoir déjà travaillé pour le témoin Marc Gendron. Son oncle avait vu une valise avec de l'argent dans le bureau. Dans sa conversation avec la jurée, il avait fait référence à un système de collusion et de corruption qui avait eu cours à Laval.
Or, Marc Gendron est un important témoin dans cette cause. Il est le seul qui a dit avoir reçu une somme de 200 000 $ directement de la part de Tony Accurso, dans un stationnement de Laval.
Pris de court par ce qu'ils venaient d'entendre, le juge et les avocats ont débattu de la question, puis ont fait venir la jurée numéro 6 seule. Celle-ci a alors ajouté qu'elle en avait parlé à deux autres membres du jury.
Et elle a ajouté que son oncle avait même apparenté le système à la «mafia». Et elle a précisé que c'est mardi dernier qu'elle avait eu cette conversation avec son oncle.
Le tribunal a donc fait venir également, et séparément, les deux jurées à qui la jurée numéro 6 avait dit avoir rapporté certains éléments de sa conversation avec son oncle.
Et surprise, les versions ne concordaient pas quant à savoir ce qui avait été dit ou entendu entre les trois jurées.
Après avoir débattu de la question à savoir s'il était possible de continuer ce procès, qui a débuté il y a plus d'un mois, en octobre, le juge Brunton a dû se résigner.
«Je ne vois pas comment ce procès demeure viable dans les circonstances. Le procès n'est plus viable. Ce serait trop dangereux de continuer», a-t-il dit au jury, en s'en disant désolé.
«J'ai pris la décision d'avorter le procès. C'est la première fois en 15 ans que j'avorte un procès», a-t-il ajouté.
Les jurés ont été libérés, après avoir entendu les remerciements d'usage pour leur travail.
Le tribunal a fixé au 7 janvier prochain la suite des procédures.