Le père Jacques Desgrandchamps, accusé de gestes sexuels qui auraient été commis sur un jeune garçon au Collège servites d’Ayer’s Cliff dans les années 1970, a été déclaré apte à subir son procès.

Le père Desgranchamps pourra subir son procès

Le père Jacques Desgrandchamps, accusé de gestes sexuels qui auraient été commis sur un jeune garçon au Collège servites d’Ayer’s Cliff dans les années 1970, a été déclaré apte à subir son procès.

L’homme de 86 ans a été évalué en psychiatrie légale à la suite de sa comparution criminelle en mars dernier.

Jacques Desgrandchamps n’était pas présent au retour de son dossier, jeudi, devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

Le père Desgrandchamps est accusé d’attentat à la pudeur et de grossière indécence sur un élève entre le 1er septembre 1976 et le 30 juin 1977 à Ayer’s Cliff.

La victime alléguée, un homme maintenant âgé de 57 ans, a étudié au Collège Servites d’Ayer’s Cliff dans les années 1970. Le père Desgrandchamps, qui y enseignait, réside aujourd’hui à Ottawa.

C’est Me Gérard Larocque qui assure la défense de l’accusé.

Il a demandé le report du dossier au 13 novembre le temps d’analyser des dispositions du code criminel relatives à l’orientation à donner au dossier.

« Mon client se déplace en marchette. Je n’ai aucune idée comment il pourra faire pour assister à son procès. Il faudra des gens pour s’occuper de lui », a indiqué au tribunal Me Larocque.

Aussi accusé de gestes à caractère sexuel au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer’s Cliff à la fin des années 1960, le père Paul McKeown avait été déclaré inapte à faire face au processus judiciaire en mai dernier.

Une accusation d’attentat à la pudeur et de grossière indécence pour des gestes qui auraient été commis entre le 1er septembre 1968 et le 30 juin 1969 avait été portée contre l’individu de 78 ans.

Le tribunal l’avait déclaré l’accusé inapte à faire face au processus judiciaire.

Le dossier a été confié à la commission d’examen des troubles mentaux du tribunal administratif du Québec (TAQ) qui effectue le suivi auprès de l’homme atteint de problèmes cognitifs.

Les gestes reprochés se seraient déroulés sur un garçon mineur durant une année scolaire au collège estrien. Paul McKeown habite sur un étage fermé dans une maison spécialisée à Québec.

En novembre 2018, le cabinet d’avocats Kugler Kandestin a déposé un recours collectif de plus de 15 millions $ contre les Frères du Sacré-Cœur visant entre autres le Collège Servites, situé à Ayer’s Cliff, et la congrégation des Servites de Marie.

Ayant recueilli les témoignages de plusieurs anciens élèves de cette école, la firme montréalaise allègue que de nombreuses agressions sexuelles se sont déroulées à l’intérieur de celle-ci entre 1960 et 2000.

Quinze religieux pointés

Dans la requête soumise par Kugler Kandestin, on nomme une quinzaine de religieux de la congrégation des Servites de Marie qui se seraient rendus coupables d’agressions sexuelles sur des mineurs.

Le nom du père Jacques Desgrandchamps a été le premier à être dévoilé par la firme d’avocats dans sa demande d’action collective en 2017.

Dans la requête, on soutient qu’un élève qui avait 12 ans à l’époque se rendait régulièrement retrouver le père Desgranchamps à sa chambre du pensionnat réservé aux garçons.

Selon la requête, le père Desgrandchamps lui aurait confié certaines tâches liées à ses occupations d’enseignant. Il lui aurait aussi fait boire de l’alcool à maintes reprises, dans sa chambre pourtant interdite aux enfants.

Un soir, au lieu de lui demander d’exécuter des tâches liées à l’école, le religieux l’a invité à dormir dans sa chambre parce qu’il était « trop tard pour retourner au dortoir » des élèves.

Le garçon se serait allongé dans un petit lit à une place, à l’initiative du père en situation d’autorité. Le religieux lui aurait baissé son pantalon pour lui faire des gestes à caractère sexuel.

Après le dépôt de cette action collective, le père Desgrandchamps a été suspendu de tout ministère de l’Archidiocèse d’Ottawa.

Le religieux était encore actif dans la paroisse Saint-Antoine de Padoue, à Ottawa, jusqu’à sa suspension.