Le nombre de travailleurs qui ont perdu la vie en Estrie l’an dernier est en forte hausse par rapport à 2016, rapporte la CNESST, qui a tenu vendredi une marche funèbre en hommage aux travailleurs décédés. La marche a eu lieu à l’intersection King-Jacques-Cartier à l’heure du retour à la maison.

Le nombre de décès au travail en forte hausse en Estrie

Le nombre de travailleurs qui ont perdu la vie en 2017 en Estrie a connu une forte hausse par rapport à l’année précédente.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dresse son bilan annuel des statistiques pour l’année 2017 au chapitre des pertes de vie de travailleurs estriens.

Dans la seule région de l’Estrie, 17 travailleurs ont perdu la vie, soit six lors d’un accident du travail et 11 des suites d’une maladie professionnelle. Au cours de cette même année, près de 4198 personnes ont été victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle.

En 2016, un travailleur avait perdu la vie et neuf sont décédés à la suite d’une maladie professionnelle, signale Julie Fournier, responsable des communications à la Direction régionale de l’Estrie à la CNESST. Au cours des cinq dernières années, en moyenne, on a répertorié cinq décès lors d’accidents de travail et neuf décès des suites de maladie découlant du travail.

« L’année 2017 a été dure », constate-t-elle tristement.

« En 2016, le décès est survenu sur la route. La personne se déplaçait dans le cadre de son travail. Pour ce qui est des maladies professionnelles, les décès sont appelés à demeurer élevés, car ils découlent souvent de l’amiantose qui a été contractée il y a une trentaine d’années dans la région. »

En avril 2017, un travailleur de l’entreprise AFT-Technologies de Sherbrooke a connu une fin tragique alors qu’il a été écrasé dans le chariot élévateur qu’il opérait. Christian Mercier avait 56 ans lors de cet accident de travail.

Le camionneur Claude Dostie est décédé à l’intersection du chemin de l’Auberge et du chemin McFarland, dans le Canton d’Hatley le 12 juin 2017, quand son véhicule a manqué de frein.

Frédérick Mailloux, un opérateur de pelle excavatrice au service de l’entreprise Normand Jeanson Excavation, à Stukely-Sud, est décédé le 15 août 2017. La CNESST a rendu public son rapport sur le décès de l’homme de 38 ans plus tôt cette semaine.

En novembre dernier, le signaleur sherbrookois Michel Carmel a été heurté par une automobiliste à Bonsecours. Rappelons que Catherine Geoffroy, une conductrice de Sainte-Catherine-de-Hatley, a été accusée d’homicide involontaire, de délit de fuite, de conduite dangereuse et de voies de fait armées.

Les autres décès au travail de 2017 sont survenus sur la route, mentionne Mme Fournier.

La CNESST va poursuivre ses efforts afin de sensibiliser les travailleurs et les employeurs à de meilleures méthodes de travail pour améliorer le bilan estrien à ce chapitre. La clé de la prévention des accidents du travail, qu’ils soient mortels ou non, est une bonne prise en charge de la santé et de la sécurité par les milieux de travail, combinée aux actions concertées de la CNESST et de ses partenaires.

En baisse Au Québec

Dans l’ensemble du Québec, en 2017, 62 personnes ont perdu la vie lors d’un accident du travail. Cela correspond à 18 décès accidentels de moins qu’en 2016. De plus, 168 décès liés à des maladies professionnelles ont été acceptés, soit une augmentation de 31 cas par rapport à 2016. Ce sont donc 230 décès au total qui ont été acceptés en 2017.

Par ailleurs, toujours en 2017, 86 223 personnes ont subi un accident du travail, ce qui représente 236 accidents par jour. De plus, 9912 travailleurs ont été victimes d’une maladie professionnelle. Au total, 96 135 lésions professionnelles ont été acceptées, ce qui représente une augmentation de 5721 cas par rapport à 2016.

Pour souligner le Jour de deuil, le drapeau du Québec sera en berne jusqu’à lundi matin devant le siège social de la CNESST à Québec et toute la journée de samedi devant l’Assemblée nationale.

En 2003, le Bureau international du travail a décrété le 28 avril Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Puis, en 2010, l’Assemblée nationale du Québec a fait du 28 avril le Jour commémoratif des personnes décédées ou blessées au travail.

La Ville de Sherbrooke soulignera aussi ce Jour de deuil national en poursuivant la mise en berne des drapeaux situés devant l’hôtel de ville.