L’avocat Me Marc-André Champagne de l’aide juridique.
L’avocat Me Marc-André Champagne de l’aide juridique.

Le meurtrier devrait témoigner pour sa défense

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
Sherbrooke — Pascal Gagnon devrait témoigner pour sa défense de l’accusation de meurtre au premier degré pour laquelle il subit son procès depuis lundi au palais de justice de Sherbrooke.

« C’est un dossier de meurtre au premier degré. Je ne veux pas qu’un client reste détenu pour le reste de sa vie en disant, j’aurais dû témoigner », explique l’avocat de la défense Me Marc-André Champagne de l’aide juridique.

Ce dernier rappelle qu’il a annoncé « depuis fort longtemps » que son client allait témoigner pour sa défense.

« Il y a toujours un risque important à faire témoigner l’accusé surtout dans un dossier de meurtre. Par nos admissions, nous avons reconnu que monsieur Gagnon allait être détenu pour le reste de sa vie. Une peine à perpétuité l’attend, peu importe le verdict que le juge va rendre. Que ce soit un meurtre au premier ou au deuxième degré, monsieur Gagnon va appartenir au système carcéral fédéral pour le reste de sa vie. Est-ce qu’il y a eu planification ? Est-ce qu’il y a eu préméditation ? Je suis convaincu que le ministère public veut lui poser des questions. C’est le droit constitutionnel de mon client de témoigner. Il est prêt », soutient Me Marc André Champagne.

Expert en balistique

Avant de déclarer sa preuve close, la procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau a assigné à la barre le spécialiste en balistique judiciaire Gilbert Desjardins du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal.

Il a témoigné que la distance maximale entre le bout du canon de l’arme de Gagnon et le visage de la victime était de moins de deux pieds.

« C’est pour au moins un tir, mais ça pourrait être plus (...) Nous avons gratté sur la peau du visage les résidus. Il y avait des évidences de proximité de tir », signale l’expert Desjardins.

Il confirme que des douilles retrouvées dans la résidence d’Érick Lavoie ont été tirées par l’arme à feu de Pascal Gagnon. Six projectiles ont été extraits du corps d’Érick Lavoie.

L’expert a mentionné que le pistolet utilisé était semi-automatique et pouvait tirer dix cartouches avant de devoir être rechargé.

Le témoignage de Gilbert Desjardins a aussi mis en lumière que le pistolet n’était pas parfaitement ajusté.

« Effectivement c’est le travail d’un armurier de l’ajuster », a indiqué l’expert à une question de l’avocat de la défense qui faisait référence à l’affirmation de Gagnon aux enquêteurs lors de son interrogatoire où il mentionnait que le pistolet se trouvait dans son coffre à gant dans l’objectif de le faire réparer.

L’expert en balistique Gilbert Desjardins du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale.

Requête

Le procès fera relâche, jeudi, pour permettre aux avocats de préparer une requête qui sera plaidée vendredi.

La défense souhaite que le policier qui a procédé à l’arrestation de Pascal Gagnon soit assigné à la barre comme témoin par le tribunal sans qu’il fasse partie de sa défense.

« Dans la recherche de la vérité, il est vraiment important que ce policier soit entendu et que je puisse le contre-interroger. Je crois que ce policier doit être entendu dans la preuve du ministère public et non dans une défense où je ne pourrais le contre-interroger. Il est très rare que le ministère public annonce des témoins qu’ils ne font pas témoigner et qu’ils ne font pas témoigner la personne qui a arrêté l’accusé », explique Me Champagne.

Pascal Gagnon devrait témoigner pour sa défense.