Depuis l’arrestation de Blessing Dugbeh et ses acolytes qui ont été condamnés pour des agressions sexuelles en groupe à Sherbrooke, ce type d’événement criminel lors de chilling d’adolescents s’est poursuivi en Estrie.

Le fléau des agressions sexuelles en groupe demeure

Depuis l’arrestation de Blessing Dugbeh et ses acolytes qui ont été condamnés pour des agressions sexuelles en groupe à Sherbrooke, ce type d’événement criminel lors de « chilling » d’adolescents s’est poursuivi en Estrie.

Le nombre de dénonciations pour des agressions sexuelles a cependant connu une forte progression au cours des derniers mois dans la région.

La coordonnatrice du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) Agression-Estrie, Maggie Fredette, confirme que les mises en accusation puis les condamnations des adolescents impliqués dans deux épisodes de viols collectifs en 2017 puis celle de Blessing Dugbeh, mercredi, pour des événements de février 2017 n’ont pas arrêté ce triste phénomène.

Si les acteurs, les lieux et les circonstances ne sont pas les mêmes, ce type d’événement impliquant des adolescentes n’a pas cessé. 

« Ce sont des gestes commis par des gens connus des victimes. Les garçons doivent s’assurer du consentement des filles. Les personnes témoins de ces gestes doivent aussi prendre position et faire cesser de type de situation d’agressions sexuelles en groupe lorsqu’ils en sont témoins. Ce type d’agression sexuelle en groupe demeure troublant », signale Maggie Fredette.

La coordonnatrice d’Agression Estrie estime que la juge Claire Desgens de la Cour du Québec a ciblé des aspects primordiaux dans la dénonciation des agressions sexuelles dans son verdict de condamnation de Blessing Dugbeh qui a notamment été reconnu coupable d’agression sexuelle en groupe sur une personne de moins de 16 ans, de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels.

« La juge a souligné la fiabilité et la crédibilité du témoignage de la victime. Ne pas être crue, c’est souvent ce qui empêche des victimes d’entreprendre le processus judiciaire. Nous répétons souvent que ce n’est pas parce qu’un agresseur n’est pas condamné par le tribunal que l’événement n’est pas arrivé », indique Maggie Fredette.

Elle rappelle aussi que la juge a insisté sur la notion de consentement.

« Nous ne répéterons jamais assez qu’il faut s’assurer du consentement de son partenaire. Indépendamment de l’âge, le consentement est une notion fondamentale », estime Maggie Fredette.

Hausse des dénonciations

Sans faire de lien direct avec la médiatisation de ces agressions sexuelles en groupe, les dénonciations d’agressions sexuelles ont connu une hausse importante au cours de la dernière année.

Les demandes de trousses médico-légales sont passées de 54 en 2017-2018 à 81 en 2018-2019, soit jusqu’au 31 mars dernier.

« Depuis le début de notre nouvelle année, nous avons reçu neuf demandes pour des trousses médico-légales, soit une hausse très importante. Cette démarche doit être entreprise dans les cinq jours suivant une agression sexuelle. L’une des hypothèses de cette hausse demeure la médiatisation des condamnations pour les agressions sexuelles », signale la coordonnatrice d’Agression Estrie.

Les intervenants du CALACS de l’Estrie ont aussi accompagné 30 femmes de plus dans les corps policiers de l’Estrie pour des affaires d’agression sexuelle, passant de 43 accompagnements à 73.

Les accompagnements lors du processus judiciaire au palais de justice a triplé passant de 13 à 40 dossiers au cours de la dernière année. Les demandes de première rencontre de victimes auprès de l’organisme sont passées de 674 à 891 en 2018-2019. 

« Les personnes que l’on rencontre au CALACS ne dénoncent pas nécessairement les gestes dont elles ont été victimes à la police », indique la coordonnatrice d’Agression Estrie.

Maggie Fredette remarque qu’au cours des dernières années, les agressions sexuelles sont dénoncées beaucoup plus rapidement, soit dans un délai moyen de 18 mois après les événements.

Selon les données des CALACS, seulement dix pour cent des agressions sexuelles sont dénoncées aux corps policiers.

Maggie Fredette fait partie d’un comité d’experts sur l’accompagnement des personnes victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale formé notamment de représentants des quatre partis représentés à l’Assemblée nationale.

« Je souhaite que les travaux de ce comité puissent à tout le moins servir à l’amélioration du soutien aux victimes », indique Maggie Fredette.