Confié à une maison de transition en décembre 2019, Simon Fortier se trouve maintenant en liberté conditionnelle complète.
 Confié à une maison de transition en décembre 2019, Simon Fortier se trouve maintenant en liberté conditionnelle complète.

Le cyberprédateur Simon Fortier en libération conditionnelle totale

 Confié à une maison de transition en décembre 2019, Simon Fortier se trouve maintenant en liberté conditionnelle complète.

Fortier a commis du leurre informatique sur plus d’une centaine de victimes mineures entre mai 2012 et octobre 2014 derrière l’écran de son ordinateur de l’arrondissement de Fleurimont.

Dans une décision rendue en début de semaine, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) vient de libérer l’individu qui a été condamné pour divers gestes de cyberprédation sur des mineures en 2016.

« Au terme de son analyse et après avoir considéré tous les éléments de votre dossier, la Commission vous accorde la libération conditionnelle totale puisqu’elle est d’avis qu’une récidive avant l’expiration légale de votre peine ne présentera pas un risque inacceptable pour la société et que cette libération contribuera à la protection de celle-ci en favorisant votre réinsertion sociale en tant que citoyen respectueux des lois », explique la CLCC dans une décision dont La Tribune a obtenu copie.

En décembre 2019, Simon Fortier avait été confié à une maison de transition spécialisée en délinquance sexuelle.

« Vous avez maintenu votre trajectoire positive et les intervenants ont pu observer votre capacité d’adaptation, votre conformisme et votre réelle motivation à mettre en application les stratégies apprises. Ils notent que vos progrès sont tangibles et que vous disposez des ressources internes nécessaires afin d’éviter la récidive », indique la CLCC qui note des changements observables et mesurables à la suite d’un suivi psychologique.

Simon Fortier entreprendra un diplôme d’études professionnelles (DEP) au mois d’août prochain.

L’ancien enseignant en éducation physique dans deux écoles primaires de Sherbrooke avait été condamné à un total 11 ans de prison le 31 octobre 2016, presque deux ans après son arrestation dans cette affaire. La détention provisoire avait réduit sa peine à huit ans.

Par trois profils féminins sur Facebook, il disait être en lien avec une agence de mannequins pour approcher les jeunes victimes adolescentes. Il a incité plusieurs de ses victimes à se toucher à des fins sexuelles et à commettre ces gestes sur d’autres fillettes devant la webcam. Il menaçait de rendre publiques des photos ou des vidéos compromettantes ou de répandre des rumeurs sur ses victimes si elles n’obéissaient pas à ses demandes. Certaines des victimes fréquentaient même les écoles primaires où il enseignait.

« L’ensemble de vos victimes ont connu un fort sentiment de trahison en raison de votre rôle d’éducateur. Plusieurs d’entre elles ont connu et connaissent toujours des séquelles au niveau psychologique. Certaines se sont mutilées, ont décroché de l’école, ont perdu leur concentration et pour toutes, l’impact sur leur vie a été majeur », rappelle la CLCC qui a imposé un interdit de contact avec toutes les victimes dans les conditions de remise en liberté.

Au surplus, Fortier ne pourra être en contact avec des personnes de moins de seize ans, devra informer son agent de libération conditionnelle de toute fréquentation avec une personne qui exerce un rôle parental avec une personne de moins de seize ans. Simon Fortier ne pourra pas non plus utiliser Internet à moins de le faire en conformité avec des conditions imposées par le tribunal.

Simon Fortier était admissible à une libération conditionnelle totale depuis janvier 2019.

Fortier a reconnu des gestes sur un total de 64 victimes qui ont été identifiées et 44 autres victimes ont été découvertes dans l’ordinateur de Simon Fortier.

Devant le tribunal, il avait reconnu une multitude d’accusations de leurre informatique d’enfants, d’incitation à des contacts sexuels, d’extorsion, de production, distribution et possession de pornographie juvénile.

À partir de son ordinateur, il cherchait à attirer des adolescentes non seulement de Sherbrooke, mais aussi de Lévis, Trois-Rivières, Québec, Mont-Joli, Chicoutimi, Saint-Malachie en Beauce, Saint-Félix-de-Valois près de Joliette, Victoriaville, Pointe-aux-Trembles et Edmundston.