Me Robert Brunet et son client Jean-François Labrie

L’avocat du révérend Labrie déplore la décrédibilisation de son client

L’avocat du révérend guérisseur Jean-François Labrie n’a pas voulu se prononcer dans l'immédiat sur ses intentions d’un possible appel sur la décision de culpabilité rendue par le juge sur 9 des 21 chefs d’accusation, mais il assure être en désaccord avec la manière dont la crédibilité de son client a été remise en question.

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« La totalité des prémisses du juge est basée sur une seule chose : l’absence de crédibilité présumée de mon client. [...] À mon avis, il n’y a pas lieu de parler d’une absence de crédibilité de l’ampleur de celle décrite par le juge dans sa décision. Je respecte et le juge, et sa décision, mais je n’ai aucune obligation d’être d’accord », commente Me Brunet.  

« Je ne suis pas satisfait du jugement, mais je suis satisfait d’une partie du jugement. On est partis de 21 chefs et on doit maintenant en évaluer 9 », poursuit celui qui se penchera sur les chefs restant après avoir bien pris connaissance du volumineux document contenant la décision. 

« C’est la moindre des choses à faire à ce stade-ci. [...] Par contre, la difficulté, c’est que la Cour d’appel est toujours résistante à se prononcer sur des décisions qui sont basées sur la crédibilité. Ce n’est pas par hasard que la crédibilité apparaît aussi évidente dans la décision du juge. » 

L’acquittement des charges d’avoir prétendu être autorisé à pratiquer la médecine était pour lui évident. « Il n’y a aucune preuve », dit Me Brunet. Il maintient cependant qu’il n’y a pas non plus eu d’exercice illégal de la médecine, puisqu’il prétend que « c’est les gens qui sont arrivés avec leur diagnostic » et que, selon lui et son client, le traitement n’en serait pas un. « Simplement des gestes posés dans le cadre d’une spiritualité exercée par M. Labrie », précise l’avocat. 

« Monopole de la guérison »

Pour Me Brunet, ce n’est qu’une question de temps avant que les pratiques du même type que celles de son client soient encadrées par un ordre. « Il n’y aura plus d’accusations comme ça d’ici peu », assure-t-il. 

« Les médecins adorent penser qu’ils ont le monopole de la guérison et de la santé, et ils ne l’ont pas. J’en ai défendu beaucoup de gens. J’en ai, des témoignages de gens incroyables qui avaient atteint la fin de ce que la médecine pouvait leur apporter, et c’est ce qui s’est produit ensuite qui leur a apporté [davantage] », lance-t-il fermement.   

« Les acuponcteurs ont eu une décision qui est tranchante, donne-t-il en exemple. Ça va aboutir à la formation d’un ordre professionnel. Ça a été le cas de beaucoup d’autres activités. »