L'ado qui voulait joindre Daech restera détenu

SHERBROOKE - Compte tenu de la gravité des accusations qui sont portées contre l'adolescent qui voulait joindre Daech et du risque qu'il représente pour la société, la juge Lise Gagnon a pris la décision que la détention devait s'imposer.

« Il a droit à une deuxième chance, mais pas aujourd'hui », a déclaré la juge Lise Gagnon de la Cour du Québec à la suite de sa délibération.

Rappelons que la juge Gagnon avait pris la demande de remise en liberté en délibéré.

Une accusation de menaces de mort ou de causer des lésions à une ou plusieurs personnes entre les 5 et 6 juin avait été déposée contre l'adolescent le 21 juin dernier.

À cela s'ajoutait une accusation d'avoir transmis des renseignements qui, compte tenu du contexte, sont susceptibles de faire raisonnablement craindre des activités terroristes.

La juge Gagnon a basé sa décision sur la gravité de l'infraction et sur le contexte dans lequel les accusations s'inscrivent.

En février 2018, l'adolescent se convertit à l'islam et la pratique en respectant ses codes.

Il s'isole de plus en plus, développe un intérêt pour les attentats perpétrés en France et devient de plus en plus agressif avec ses proches.

C'est le 4 juin 2018 que la mère de l'adolescent contacte la police.

L'adolescent partage alors son intérêt à défendre l'islam et combattre les « mécréants » en affirmant vouloir faire pire que le 11 septembre 2001.

Il entretenait au même moment une conversation en ligne avec un homme pouvant le mettre potentiellement en contact avec une organisation terroriste.

« Son équilibre psychologique est ébranlé, il se comporte comme un endoctriné. Le tribunal ne croit pas qu'il puisse respecter l'autorité », a affirmé la juge Gagnon.

Elle se réjouit toutefois que l'adolescent se dise maintenant prêt à se réadapter.

Le procès se poursuivra le 16 août. Ce crime est passible d'une peine maximale de cinq ans d'emprisonnement.