Dix ans après l’opération SharQc, qui paralysait l’organisation des Hells Angels à travers le Québec, le chapitre de Sherbrooke serait toujours inactif, avec seulement quatre membres en règle et un prospect.

La SQ talonne les bandes de motards

Présente de façon régulière en Estrie, la division de l’intervention sur le crime organisé (DICO) de la Sûreté du Québec poursuivra sa lutte sur le terrain au cours des prochaines semaines dans la région.

Si elle vient de se joindre à une campagne pancanadienne contre les bandes de motards hors-la-loi qui se déroulera principalement sur les réseaux sociaux, la SQ poursuivra sa lutte aux endroits où les motards criminalisés effectuent des sorties publiques.

L’inspecteur-chef de la Sûreté du Québec Guy Lapointe assure que cette division d’intervention en matière de crime organisé poursuivra sa présence en région.

« Cette équipe composée de policiers aux renseignements criminels, d’enquêteurs et de patrouilleurs est spécialisée pour intervenir auprès des motards criminalisés. Ils travaillent avec les services de police municipaux afin de les outiller dans la lutte pour ce type de criminalité », signale l’inspecteur-chef Guy Lapointe de la Sûreté du Québec.

Devant le succès de ce groupe, une deuxième équipe a été mise en place.

« Comme le font les motards criminalisés, les membres de cette équipe sont présents dans les événements publics. Ils font voir leur présence et interviennent si des infractions sont commises », mentionne Guy Lapointe.

21 interventions en 9 jours

La DICO a réalisé 21 interventions en neuf jours de présence en Estrie en 2018, alors que 12 interventions durant quatre jours de présence ont été menées jusqu’à maintenant en 2019.

Les policiers ont aussi visité 17 établissements licenciés dans la région dans le cadre du projet CIBLER (Concertation contre l’intimidation dans les bars licenciés avec l’équipe de renseignements) lors de l’opération provinciale d’avril 2018.

Guy Lapointe signale qu’il est important de se rappeler qui sont les personnes qui composent les groupes de motards criminalisés.

Il rappelle qu’ils tirent leurs revenus d’activités illicites comme le trafic de stupéfiants, la fraude, la contrefaçon, le blanchiment d’argent, la contrebande, l’exploitation sexuelle, l’extorsion et le jeu illégal.

« Ils n’hésitent pas à utiliser la violence en allant même jusqu’à comettre des homicides », mentionne l’inspecteur-chef Lapointe.

Il rappelle que malgré leur présence publique grandissante lors d’événements publics ou sur les réseaux sociaux, les motards criminalisés demeurent une menace pour la population.

« Il n’y a pas si longtemps dans les années 1990, les Hells Angels et les Rock Machine s’attaquaient dans les villes. Ce sont des gens dangereux. Il faut rappeler ces crimes qui se sont déroulés il n’y a pas si longtemps pour changer la perception des gens qu’ils sont inoffensifs », croit Guy Lapointe.

La SQ a annoncé cette semaine qu’elle participera au cours de la saison estivale à une campagne numérique pancanadienne contre les bandes criminalisées.

« Nous allons nous servir des médias sociaux pour rappeler que les bandes de motards criminalisées représentent une menace. Il faut recadrer qui sont ces gars-là. Ce sont des criminels. Malgré cela, il semble y avoir une certaine fascination où les gens prennent des egoportraits avec des membres en règle. Ils joignent aussi les pages Facebook des groupes sympathisants et acquièrent des vêtements à leur effigie. Ce ne sont pas des acteurs qui suivent des scénarios comme dans les séries télévisées comme Sons of Anarchy. Ce sont de vrais individus qui comettent des crimes tous les jours », rappelle l’inspecteur-chef Lapointe.

Les Hells toujours inactifs à Sherbrooke

Dix ans après l’opération SharQc, qui paralysait l’organisation des Hells Angels à travers le Québec, le chapitre de Sherbrooke serait toujours inactif.

Seulement quatre membres en règle du chapitre mis en place en 1984 ont repris leurs activités alors que les statuts et règlements de l’organisation criminelle exigent un minimum de six membres actifs pour maintenir un chapitre.

Michel « Ti-Buck » Vallières, Christian « Fess » Ménard et Guy « Malin » Rodrigue, Michel « Mammouth » Grenier sont les seuls membres en règle qui appartiennent au chapitre « fantôme » de Sherbrooke selon les autorités policières. Un individu serait aussi considéré comme un « prospect ».

Cette mise en « probation » du chapitre n’empêche pas leur mainmise sur la vente de stupéfiants en Estrie.

Certains anciens membres de Sherbrooke sont actifs dans d’autres chapitres et des membres d’ailleurs contrôlent la vente de stupéfiants en Estrie. Même si des membres en règle ont été vus avec les couleurs du chapitre de Sherbrooke, il n’est pas réactivé.