Intervenante au CALACS Marie-Michèle Whitlock présentera les résultats du portrait de l’exploitation sexuelle en Estrie.

La prostitution chez les adolescentes bien présente en Estrie

Près d’un adolescent sur deux connaît un autre adolescent qui s’est déjà fait proposer de faire des actes sexuels en échange de biens, de services, d’argent ou de drogue.

Cette donnée est extraite du portrait de l’exploitation sexuelle en Estrie qui sera présenté mercredi par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel en Estrie (CALACS-Agression Estrie). Une attention particulière a été portée aux adolescentes, alors que 136 ont été interrogées.

« Il y a 18 pour cent des adolescentes qui connaissent quelqu’un qui a été en lien avec la prostitution. Ce sont des amis, des connaissances d’école ou de la famille. De ce nombre, 71 pour cent ont moins de 18 ans. Plus tu es proche du milieu, plus tu peux être vulnérable à t’y retrouver. Nous trouvons cela inquiétant parce que c’est près de la moitié des adolescentes se sont faits proposer par un inconnu ou un autre ami l’échange d’acte sexuel », explique Marie-Michèle Whitlock du CALACS qui a mené cette étude.

Des rencontres avec de femmes qui ont vécu de l’exploitation sexuelle a aussi permis de confirmer les recherches sur le phénomène.

« Onze des quatorze femmes interrogées y sont entrées à moins de 17 ans, alors que les autres y sont entrées en bas âge adulte. On confirme qu’à Sherbrooke aussi les femmes sont amenées dans ce milieu à l’adolescence », soutient Marie-Michèle Whitlock.

Un questionnaire, qui a rejoint plus de 400 personnes, permet aussi de constater que le phénomène déborde de Sherbrooke. Trente-neuf pour cent des personnes interrogées lors de la consultation connaissent des filles ou des femmes qui vivent cette réalité de la prostitution de rue, les agences d’escortes, les bars de danseuses ou les salons de massages.

« Lac-Mégantic, Coaticook, Magog ou Windsor sont ressorties. Ça existe aussi ailleurs en région. On sait que pour le recrutement, il va s’effectuer lors des rassemblements où les jeunes vont aller en groupe », mentionne Marie-Michèle Whitlock.

Le portrait complet de cette étude menée dans le cadre du projet Émeraude financé par le ministère de la Sécurité publique du Québec sera présenté à compter de 17 h à la Capsule Bistro Cinéma sur la rue Wellington Sud.