Jason Ammaturo

La prison pour violence conjugale

« Moins on parle de ce qui nous arrive, plus on s’isole.» C’est avec un poids de moins sur ses frêles épaules qu’une femme de Sherbrooke a vu son ex-conjoint être condamné à une peine de détention ferme.

Jason Ammaturo a été condamné, jeudi, à neuf mois de prison par le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec pour des gestes de violence conjugale qu’il a reconnus sur une période de plus d’une année.
« J’ai enduré la situation pendant plus de deux ans et demi. Pour la première fois, je sens que je suis appuyée. La justice vient confirmer que ce n’est pas moi qui me faisais des idées. J’ai enduré trop longtemps avant que ça dégénère », explique la victime en entrevue après l’imposition de la peine.  
L’individu de 37 ans n’a visiblement pas accepté la rupture. Il possède des antécédents en semblable matière en 2015 sur la même victime.
Ammaturo a reconnu l’avoir harcelée entre avril et décembre 2017, de voies de fait en août 2017, d’avoir brisé des interdits de contacts avec elle entre septembre et décembre 2017.
Des appels téléphoniques à répétition et des messages textes de menaces ont été envoyés à son ex-conjointe sur près d’une année.
« Il pouvait appeler 30 fois de suite. Il était fin puis il se mettait à m’engueuler et m’insulter. Il pouvait faire ça pendant une heure. Il me manipulait », signale la victime qui préfère ne pas être identifiée.
Le procureur aux poursuites criminelles Me François Houle a illustré les gestes d’Ammaturo en déposant des documents où il a fait 26 appels puis 22 appels en l’espace d’une minute à deux occasions.
« Il a envoyé un message texte concernant le nouveau conjoint de madame qui indiquant qu’il allait aller le battre avec un bâton », signale Me Houle.
Concernant les voies de fait, Ammaturo a frappé son ex-conjointe devant les enfants.
« J’essayais de gérer la situation seule. Maintenant, je sais qu’il ne faut pas hésiter à en parler. Ce n’est pas vrai qu’il faut vivre dans les menaces et la peur. J’ai vécu de la manipulation de sa part », signale la victime qui a reçu l’aide du CAVAC après avoir dénoncé les gestes de Jason Ammaturo.


« C’était une relation toxique. »
Me Idil Abdil

L’accusé a plaidé coupable à de multiples bris de conditions de ne pas communiquer avec elle et de ne pas se trouver en sa présence.
« Il n’y a eu aucun respect des conditions de ne pas communiquer avec son ex-conjointe. Il a aussi envoyé des photos de ses parties génitales », a expliqué Me Houle au tribunal.
« C’était une relation toxique », a ajouté l’avocate de la défense Me Idil Abdil.
Une arme accessible a été découverte dans sa résidence à la suite d’une plainte.
Détenu depuis janvier 2018, Ammaturo a suivi plusieurs séances de thérapie au Seuil de l’Estrie. Il a suivi d’autres formations pour ses problématiques.
« Il a des remords et des regrets. Il reconnaît que ce n’était pas la meilleure façon d’agir » explique son avocate Me Idil Abdil.
La détention provisoire de cinq mois a été retranchée de la peine de neuf mois qui a été imposée.
Jason Ammaturo a aussi reconnu la possession d’arme à feu et de munition qu’il avait mal entreposée et sans permis. C’est à la suite de cette affaire qu’il a été incarcéré.
« Ce qui était inquiétant pour le ministère public, c’était le dossier d’arme à feu », signale Me Houle.
Le juge Dunnigan lui a imposé une interdiction de posséder des armes à feu à perpétuité. Une probation de 18 mois a été ordonnée.
Un interdit de contact a été imposé avec son ex-conjointe. Il ne pourra se trouver à moins de 200 mètres de sa résidence ou son lieu de travail.