Richard Aubut

La prison pour avoir volé la carte de crédit de son employeur

Pour avoir volé la carte de crédit de son employeur et avoir provoqué que plus de 10 500 $ y soient ajoutés, Richard Aubut de Sherbrooke passera six mois en prison.

Si le vol d’un montant d’un peu plus de 500 $ lui est spécifiquement attribué, le vol de la carte de crédit que Richard Aubut a commis auprès de son employeur Stim Canada a causé des pertes beaucoup plus importantes.

L’individu de 62 ans a plaidé coupable à un vol de carte de crédit le 10 avril 2017 et d’avoir utilisé cette carte de crédit jusqu’au 5 janvier 2018, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.

La juge Hélène Fabi de la Cour du Québec l’a condamné à une peine de six mois de prison ferme pour son crime.

« Je remarque l’absence de remords par rapport aux gestes posés. Richard Aubut a donné la carte à une personne qu’il ne connaissait presque pas. Il n’a pas pris soin de vérifier et ne s’est pas préoccupé à qui il la donnait. C’est une attitude de non-respect envers son employeur. On comprend la mésentente avec son employeur, mais ça ne justifie pas le vol et l’utilisation de la carte. Il n’a pas d’empathie envers son employeur et n’a pas fait de démarches pour rembourser », explique la juge Fabi dans sa décision.

Richard Aubut possède de nombreux antécédents judiciaires dont plusieurs en matière de vol de 1979 à 1999 qui ont été retenus comme facteurs aggravants.

« Le message n’a pas passé. Il s’est fait justice à lui-même en se servant de la carte pour ses intérêts personnels », signale la juge Fabi qui a insisté sur les facteurs de dénonciation et de dissuasion pour contrer le fléau de vol envers son employeur.

Aubut travaillait depuis juin 2011 pour Stim Canada.

« Il avoue que c’était une forme de vengeance dans le cadre d’un litige civil. Il a fait des aveux et des déclarations concernant l’implication d’autres personnes », a indiqué l’avocate de la défense Me Michèle Lamarre-Leroux de l’aide juridique lors des observations sur la peine.

Aubut vivait des difficultés liées aux assurances avec son employeur lorsqu’il a volé la carte de crédit en cause.

À l’automne 2017, un employé a découvert qu’il manquait une carte de crédit.

Aubut et deux autres personnes ont été identifiés pour avoir utilisé la carte de crédit. Ces deux autres personnes ont été accusées. La carte passait de main à main. 

Accusé dans cette affaire, Francis Jolin, le voisin de Richard Aubut, prêtait la carte à ses employés de sa compagnie de déménagement.

« Je ne pensais pas que ça prendrait cette ampleur si rapidement. Ce n’était pas la bonne solution. J’avais des problèmes avec la CSST. J’étais rejeté avec l’assurance collective. J’ai pris la carte en pensant que ça pourrait se régler entre moi et le patron. Le temps n’a pas joué en ma faveur. Si ça s’était regelé dans la boîte, je ne serais pas ici devant vous. Ça n’excuse toutefois pas le geste », a indiqué Aubut qui a témoigné devant le tribunal.

C’est la procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier qui représentait le ministère public dans cette affaire.